L’étude sur les mérites de l’hydroxychloroquine qui a tant fait jaser depuis deux semaines, a reçu un « avis » de l’association internationale de chimiothérapie antimicrobienne, faisant part de sa « préoccupation » devant cette étude parue dans son propre journal. 

Cette étude, lit-on dans la courte déclaration, publiée le 3 avril, « ne respecte pas les normes attendues, spécialement en relation avec le manque de meilleures explications sur les critères d’inclusion et le triage des patients ». Il ne s’agit pas d’une demande de rétractation. Le commentaire fait référence au fait que les chercheurs ont choisi de ne pas inclure dans leurs résultats finaux les trois patients qui, en cours de traitement, ont été envoyés aux soins intensifs, ni celui qui est décédé, en plus du fait qu’ils n’ont pas justifié s’ils avaient tenu compte des risques d’effets secondaires auxquels est depuis longtemps associée l’hydroxychloroquine. 

Le président de l’association assure toutefois que l’intégrité du processus de révision par les pairs a été respectée, en dépit du fait que l’un des co-auteurs de l’étude soit le rédacteur en chef de la revue.  

Il s’agit de la première des deux études auxquelles a été associé depuis un mois l’infectiologue français Didier Raoult, celle qui avait porté sur 26 patients atteints de la Covid-19 et qui avaient reçu un mélange, à diverses doses, de ce médicament anti-malaria et d’un antibiotique. Les résultats, portant sur seulement 20 des 26, montreraient une diminution de la charge virale après six jours. L’étude a toutefois été abondamment critiquée pour la petite taille de son échantillon, ses données incomplètes et pour ne pas avoir été réalisée en double aveugle. Une deuxième étude est parue depuis, portant cette fois sur un groupe de 80, mais souffre des mêmes lacunes: une étude sans groupe témoin, c'est-à-dire un groupe qui ne reçoit pas le médicament et dont l'évolution de l'état de santé peut servir de base de comparaison.