Si tout le monde devait fêter Noël, combien de temps s’écoulerait-il entre le moment où une première personne est infectée par ce fameux virus, et le moment où les hôpitaux en sentent les effets? Les célébrations américaines du thanksgiving fournissent l’opportunité d’une expérience grandeur nature.

En fait, les réponses sont connues, moyennant une certaine marge erreur. Quelques jours après l’infection, la personne est contagieuse. Si elle a été imprudente dans ses contacts, quelques jours de plus, et des éclosions surgissent à son travail ou dans sa famille immédiate. Ensuite, d’une éclosion à l’autre, sachant que 20% des cas conduisent à des symptômes plus graves, arrive un moment où, statistiquement, on observe une augmentation notable des cas à l’hôpital puis, une semaine plus tard, une augmentation des cas aux soins intensifs.

Mais beaucoup de ces calculs sont basés sur ce qui s’est passé dans plusieurs pays lors de la première vague, le printemps dernier. Depuis, on a appris à davantage protéger les gens plus âgés, et davantage de gens se sont mis à respecter la distanciation sociale ou à porter un masque.

À quel point l’abandon de ces mesures de prudence fera-t-il une différence sur une population aussi large et diversifiée que celle des États-Unis? C’est ce que le mois de décembre, et plus particulièrement la deuxième moitié de décembre, va nous apprendre. Comme le résume l’épidémiologiste Michael Mina dans une entrevue au magazine Stat:

Ce que ça veut probablement dire, c’est que trois ou quatre semaines après l’Action de grâce [Thanksgiving], nous allons voir davantage de gens mourir.

Le bémol, c’est que même si les images d’aérogares surchargées, la semaine dernière, ont pu donner l’impression que les États-Unis au complet s’en allaient célébrer dans leurs familles, les habitants de ce pays ont en fait été moitié moins nombreux que d’habitude à se déplacer. Mais ça en a tout de même laissé des millions qui ont pris l’avion pour s’en aller dans une autre région, puis en revenir quelques jours plus tard. Avec ou sans un certain passager clandestin...