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Les protéines ont la cote. On les ajoute à toutes sortes de produits, du yogourt aux croustilles en passant par les barres tendres. Les bénéfices pour la santé de ces produits enrichis ne sont toutefois pas aussi grands que les publicités l’affirment, constate le Détecteur de rumeurs.

 


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Une nouvelle mode?

Les protéines de notre alimentation fournissent, suivant une expression consacrée, les « blocs de construction » dont le corps a besoin pour produire ses propres protéines. C’est ce que rappelle un article récent publié sur le site du Centre de recherche sur la prévention de l’Université Stanford. Elles jouent un rôle, entre autres, pour maintenir la masse musculaire, pour contrôler le poids, et réguler la glycémie et la pression sanguine. 

Les protéines sont donc associées à la santé. Et l’industrie de l’alimentation l’a bien compris: on voit de plus en plus de produits qui se vantent de leur contenu « élevé en protéines ».

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Lors de la recherche pour cet article, le Détecteur rumeurs en a répertorié plusieurs : pâtes alimentaires, barres tendres, gaufres, gruau, croustilles de maïs, yogourt, crème glacée, pain, lait et même… bouteille d’eau! Selon Marily Oppezzo, nutritionniste au Centre de recherche sur la prévention de Stanford, cette tendance rappelle celle des aliments « faibles en gras » des années 1990.

Protéines / montage

Combien en faut-il vraiment ?

Santé Canada recommande aux adultes de 19 ans et plus de consommer 0,8 g de protéines par kg de poids corporel chaque jour. Certaines personnes croient toutefois que ces normes sont conservatrices. D’ailleurs, en janvier 2026, le gouvernement américain a adopté de nouvelles recommandations : 1,2 à 1,6 g de protéines par kg de poids corporel par jour.

La quantité de 0,8 g de protéines par kg de poids corporel par jour est basée sur des calculs remontant aux années 1980: des scientifiques avaient alors estimé les besoins en protéines chez les adultes en mesurant tout ce qu’ils mangeaient et tout ce qu’ils excrétaient. Ils étaient ainsi arrivés à 0,66 g par kg. Pour s’assurer que la population américaine ne développe pas de carence, ils avaient ensuite arrondi à 0,8 g, explique Christopher Gardner dans l’article de l’Université Stanford.

En consomme-t-on suffisamment ?

Dans la population occidentale, la consommation moyenne de protéines dépasse généralement les recommandations, soulignait Aisling Pigott, nutritionniste à l’Université métropolitaine de Cardiff au Royaume-Uni, dans un article publié en 2025 sur le site universitaire The Conversation.

Déjà en 2015, selon une étude réalisée alors auprès de plus de 13 000 Canadiens, la plupart mangeaient suffisamment de protéines pour respecter les recommandations de Santé Canada. Avec une consommation moyenne de 80 g de protéines par jour, les participants atteignaient environ 1,20 g de protéines par kg de poids corporel par jour.

Certaines personnes ont-elles des besoins particuliers ?

Cependant, l’étude a aussi révélé que les personnes âgées étaient plus à risque de ne pas consommer suffisamment de protéines. C’est ce qui fait dire aux auteurs que les recommandations concernant les protéines étaient basées sur des études qui sous-estimaient peut-être les besoins de certains segments de la population. Il faut toutefois spécifier que les auteurs de cette étude avaient reçu un financement des Producteurs laitiers du Canada pour mener leur travail.

Certaines autres situations peuvent nécessiter plus de protéines. C’est le cas des gens malades et des athlètes de haut niveau, remarquait Aisling Pigott. Santé Canada recommande également aux femmes enceintes ou qui allaitent d’augmenter leur consommation de protéines.

Enfin, avec l’arrivée de médicaments comme Ozempic, qui favorisent la perte de poids, il pourrait être nécessaire de compenser la perte musculaire par une consommation un peu plus élevée de protéines.

« Enrichi en protéines » : meilleur pour la santé ?

Le marketing autour des produits « enrichis » en protéines crée un effet de halo. C’est-à-dire qu’une caractéristique positive d’un produit, dans ce cas-ci une haute teneur en protéines, donne l’impression qu’il s’agit d’un produit bon pour la santé.

Pourtant, ces produits sont souvent des aliments ultratransformés. Pensons aux croustilles protéinées, aux barres granola, aux biscuits ou autres desserts enrichis de protéines. Ce type d’aliment est notamment associé à un risque plus important d’obésité et de diabète de type 2. Santé Canada suggère d’ailleurs d’éviter les aliments hautement transformés parce qu’ils contiennent trop de sel, de sucres ou de gras saturés.

Cependant, quelques études semblent indiquer que l’ajout de protéines pourrait malgré tout améliorer la qualité des produits ultratransformés. Par exemple, une étude publiée en 2024 a conclu que les aliments ultratransformés riches en protéines (ceux où les protéines comptent pour au moins 20% de l’apport calorique) contiennent moins de glucides, de sucres et de lipides que les produits ultratransformés standards. 

Mais ils renfermaient également davantage de sels et d’édulcorants. Les aliments riches en protéines seraient plus salés, pour compenser le fait qu’il y a moins de gras et de sucre, ce qui affecte le goût, expliquaient les auteurs.

Une étude publiée en 2025 a montré pour sa part que les gens consomment moins de calories lorsqu’ils optent pour des aliments ultratransformés riches en protéines plutôt que des aliments ultratransformés standards. La texture de ces produits aurait pour effet qu’on les mange plus lentement.

Verdict

En général, les produits enrichis en protéines ne sont pas nécessaires parce que les Canadiens consomment déjà suffisamment de protéines dans leur alimentation, même si certains groupes pourraient en tirer un certain bénéfice. De plus, comme ce sont souvent des produits ultratransformés, les produits enrichis en protéines ne sont définitivement pas des aliments santé.

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