Parmi les 10 personnalités de l’année de la revue Nature, celles qui ont « contribué à façonner la science en 2020 », on trouve une cosmologiste et des épidémiologistes, mais aussi la première ministre de la Nouvelle-Zélande.

Des spécialistes ont dit que son pays « avait bénéficié de son isolement et de sa petite taille. Mais même avec ces avantages, peu de dirigeants ont navigué à travers les incertitudes scientifiques aussi adroitement » que Jacinda Ardern. Deux vagues du virus comme dans bien d’autres pays, mais seulement 25 morts: en proportion de la population, c’est 170 fois moins que les États-Unis.

À l’autre bout du Pacifique, la cosmologiste reconnue par Nature s’appelle Chanda Prescod-Weistein: en plus d’avoir commencé cette année un travail de « cartographie » de la matière sombre qui pourrait durer 20 ans, elle a contribué à lancer en juin une campagne qui, dans la foulée de Black Lives Matter, demande aux institutions qu’elles confrontent le racisme systémique en science et dans la société.

« L’ampleur de la réponse fut sans précédent », commente aujourd’hui la chimiste Raychelle Burks. « C’est quelque chose que je n’aurais jamais cru voir de mon vivant. » La « journée de grève » du 10 juin a rassemblé des associations représentant des centaines de milliers de membres. « La révolution ne se fera pas en un jour, ajoute Prescod-Weinstein, mais mon espoir est que nous ayons planté des graines pour amener les gens à radicalement repenser ce qui est nécessaire pour sauver les vies des Noirs. »

Également cités par Nature, des scientifiques qui ont été à l’avant-scène de la recherche sur la Covid, comme le virologiste chinois Zhang Yongzhen, à qui on doit la publication du premier décodage du génome de ce nouveau virus, dès le 11 janvier. Ou l’épidémiologiste chinois Li Lanjuan, décrit comme « l’architecte du confinement » de la métropole de Wuhan.

Et d’autres scientifiques qui ont eux aussi été à l’avant-scène de la Covid, mais pour d’autres raisons: l’épidémiologiste américain Anthony Fauci, décrit comme la « conscience de sa nation » dans cette crise « alors même que ses détracteurs le menaçaient de mort », et le directeur de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesu, celui dont la tâche était rien de moins que de « prévenir la planète », tout en étant confronté à une crise de sous-financement —qui ne s’arrangera pas en 2021.