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Les complotistes ne sont pas des gens qui souffrent d’une faible capacité de raisonnement, mais des gens qui recherchent des tendances, et qui construisent leur raisonnement autour de ces supposées tendances.

C’est une façon de penser appelée « systématisation », expliquent quatre chercheurs australiens en psychologie, et qui n’est pas propre aux complotistes. Au sens le plus large du terme, la systématisation, c’est l’idée d’organiser ou de classer des connaissances en un système qui se veut cohérent. Mais cette quête de tendances, de « motifs » ou, en anglais, de « patterns », peut avoir pour conséquence d’attribuer systématiquement à des problèmes complexes des explications simples. 

Il s’agit toutefois d’un raisonnement basé sur des critères, insistent les chercheurs, aussi simplificateurs que puissent être ces critères. L’équipe des universités Flinders et d’Adélaïde, en Australie, a évalué les réponses à différentes affirmations de quelque 550 personnes, en même temps que leur niveau d’adhésion à diverses théories. Leur étude est parue en janvier dans la revue Cognitive Processing

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Leur argument est que de mieux comprendre comment une personne traite l’info peut devenir une façon de prédire si elle est plus susceptible de tomber dans les pièges d’une théorie complotiste. Incluant sa façon de réagir ou non à des urgences —par exemple, des urgences en santé. Il semble, entre autres choses, que les individus qui s’attachent le plus fort aux « patterns » et aux structures, sont plus susceptibles de croire à des théories du complot, même quand ces personnes démontrent de bonnes capacités à développer des raisonnements scientifiques. Par ailleurs, un des traits fréquemment observés chez les personnes autistes est un profond attachement pour l’organisation et les classements. 

Comme d’autres psychologues avant eux, les auteurs notent que le fait de « voir » des tendances et des explications faciles, peut avoir un effet rassurant : cela donne une apparence de sens, et même d’organisation, à des « événements perturbants ou imprévisibles ». 

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