Les travailleurs de la santé contribuent aux décès des personnes âgées en négligeant de se faire vacciner. C’est ce qu’on peut lire dans la dernière édition du bulletin hebdomadaire du Centre de contrôle des maladies (CDC), à partir d’un épisode survenu dans une résidence pour personnes âgées du Kentucky.

Sur les 83 résidents, 75 (ou 90%) avaient reçu les deux doses du vaccin en janvier et février. Mais sur les 116 membres du personnel, seulement 61 (ou 53%) avaient fait de même. L’éclosion a eu lieu en février, et a touché 26 résidents et 20 travailleurs. Bien qu’il soit possible de pointer du doigt le fait que les premières infections se soient produites moins de deux semaines après la vaccination —on prend généralement pour acquis qu’il faut deux semaines pour que le vaccin soit « efficace »— l’ampleur de l’éclosion peut être liée, selon le rapport du CDC, au nombre élevé de gens non vaccinés, qui ont permis au virus de se répandre plus facilement. De plus, le premier cas de contamination a été détecté chez un des travailleurs non vaccinés. Il était asymptomatique.

Trois des résidents sont décédés, dont un vacciné. De plus, quatre cas de réinfections ont été notés, dont un —qui a conduit à un des décès— chez un résident qui avait été infecté pour la première fois il y a 10 mois.

Les brefs rapports publiés par le bulletin du CDC, le Morbidity and Mortality Weekly Report, n’ont pas la prétention d’être des études solides: ils visent plutôt à attirer l’attention des médecins et des chercheurs sur des causes de mortalité suspectes. « Ce microcosme, lit-on, expose les implications des décisions prises par certaines personnes pour esquiver la vaccination… Ces données montrent aussi que certaines personnes, spécialement celles avec de multiples comorbidités, présentent encore des risques de mortalité après la vaccination. Par contre, ces risques restent beaucoup plus élevés parmi les non-vaccinés. »

Au Québec, à la mi-mars, une éclosion de COVID dans un CHSLD de l’Outaouais avait fait ressortir que seulement 40% de ses travailleurs avaient été vaccinés à ce moment. La moyenne québécoise pour les travailleurs de la santé était alors d’environ 75%. Le 9 avril, le gouvernement du Québec publiait un arrêté ministériel obligeant les travailleurs de la santé en contact avec des patients à se faire vacciner. Les employés incapables de fournir une preuve de vaccination doivent maintenant se soumettre à un dépistage, trois fois par semaine. La directive aurait porté ses fruits, selon un reportage de La Presse paru mardi.