statines-boite.jpg

Les statines ont des effets secondaires. Mais pas tous ceux qu’on leur attribue. Selon la réévaluation la plus approfondie à ce jour des données sur le sujet, les statines ne causeraient qu’une minorité des problèmes de santé dont ces médicaments sont accusés. 

Les statines sont ces médicaments dont la fonction première est d’abaisser le niveau de cholestérol —donc, de réduire les risques de troubles cardiaques— et qui ont surtout l’avantage d’être peu coûteux. Des centaines de millions de personnes en ont pris depuis trois décennies. Mais leur longue liste d’effets secondaires, allant des douleurs musculaires (chez 1% des patients) jusqu’aux problèmes neurologiques comme la perte de mémoire (chez 0,2% des patients), reste aujourd’hui encore au centre d’un débat sur les risques et les bénéfices

Or, en passant en revue 19 études cliniques qui avaient totalisé 124 000 patients choisis au hasard, utilisant l’un des cinq principaux médicaments de cette catégorie, et suivis pendant une moyenne de quatre ans et demi, des chercheurs de plusieurs pays ont conclu que seulement quatre des effets secondaires documentés, sur la soixantaine qui peuvent figurer sur certaines étiquettes, sont soutenus par des données solides. Parmi eux, les douleurs musculaires, mais chez seulement un patient sur 100, et le risque accru de diabète de type 2.

Abonnez-vous à notre infolettre!

Pour ne rien rater de l'actualité scientifique et tout savoir sur nos efforts pour lutter contre les fausses nouvelles et la désinformation!

Les études en question comparaient des groupes comparables dont une moitié prenait un de ces médicaments, et l’autre moitié, un placebo. Par exemple, le petit pourcentage de gens souffrant de pertes de mémoire sur un an s'est avéré être le même, chez le « groupe statine » et chez le « groupe placebo ». Il en a été de même avec le petit pourcentage de patients rapportant des problèmes de sommeil. 

L'étude est parue le 5 février dans la revue médicale The Lancet. Elle est signée par un groupe international de chercheurs appelé le Cholesterol Treatment Trialists

Leur travail n’est pas entièrement inédit: par exemple, une étude en 2022 avait conclu qu’une bonne partie des problèmes musculaires rapportés par les patients n’avaient pas été causés par les statines. Et en 2014, le British Medical Journal avait publié une correction relative à deux études parues l’année précédente, concluant qu’elles avaient surestimé l’étendue des effets secondaires. Mais les études précédentes portaient plus souvent sur un seul problème médical ou sur un seul groupe de patients, alors que cette méta-analyse ratisse plus large —en plus de n’avoir retenu que les études qui portaient sur des groupes d’au moins 1000 patients choisis au hasard. 

Ces résultats reposent la question d’une mise à jour des listes d’effets secondaires qui sont inscrits sur les étiquettes, si on n’a toujours pas pu prouver une relation de cause à effet pour la plupart d’entre eux.

Je donne
EN VEDETTE
Publicité
Appel à tous!
Publicité