Il avait deux ans et demi ou trois ans au moment de son décès. Sa courte vie s’était déroulée dans ce qui est aujourd’hui le Kenya. Et on a manifestement pris un certain soin pour l’enterrer, il y a 78 000 ans.

Cela en fait le plus vieil enterrement connu sur le continent africain. La tête du petit garçon avait apparemment été déposée sur une couche de feuilles, à en juger par l’angle pris par une partie du squelette. Son torse avait été enveloppé par quelque chose, que les chercheurs présument être une peau d’animal ou une couche de feuilles. Et il avait été recroquevillé dans le petit trou où on l’a trouvé, à l’intérieur d’une caverne peut-être occupée par son groupe. Tous des éléments qui montrent une intention de pratiquer un rite funéraire, plutôt que de simplement déposer le corps à une certaine distance du camp, concluent les chercheurs. Leur analyse est parue le 5 mai dans la revue Nature.

On ne sait pas grand-chose des Homo sapiens qui vivaient à cet endroit et à cette époque. Une autre « tombe », datée de 74 000 ans, avait été découverte en Afrique du Sud il y a un demi-siècle, mais elle avait livré peu d’informations. Une autre, en Égypte, est datée de 68 000 ans.

Mais de telles traces de rites funéraires plus anciennes, ont été laissées en Europe et au Moyen-Orient il y a plus de 100 000 ans, certaines étant même attribuées à des Néandertaliens. Ce qui continue d’intriguer les chercheurs: la pratique consistant à rendre hommage aux morts est-elle née ailleurs, avant d’être importée sur le continent africain? Ou bien a-t-on simplement mal cherché sur ce continent?

Chose certaine, la majorité de ces découvertes sont des squelettes d’enfants, ce qui ouvre la porte à bien des tentatives d’interprétations: une expression de la peine ressentie face à cette perte, déjà à cette lointaine époque?

 

Photo: Reconstitution virtuelle du site et de la position dans laquelle a été retrouvé « Mtoto ».  / Jorge González/Elena Santos