Alors qu’une éclosion de cyclosporose —une infection intestinale causée par le parasite Cyclospora découvert cet été dans de la laitue— continue de faire les manchettes aux États-Unis, il y aurait au moins six autres éclosions en cours, ce qui suggère un problème beaucoup plus difficile à endiguer que d’habitude.
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L’éclosion la plus grosse, qui a été associée en juillet à la laitue iceberg de la compagnie Taylor Farms, a causé officiellement, en date du 20 août, près de 11 000 cas dans 17 États des États-Unis, 454 hospitalisations et deux décès. Mais six autres éclosions sont sous enquête par l’agence gouvernementale en charge des aliments et médicaments (la FDA); elles ont été associées à 270 cas, et la ou les sources n’ont toujours pas été identifiées. La cyclosporose est acquise essentiellement par la consommation d'un aliment contaminé; elle peut n'entraîner aucun symptôme, mais aussi se caractériser, le plus souvent, par des diarrhées abondantes.
Après qu'autant de temps se soit écoulé depuis la première alerte, qui remonte au mois de juin au Michigan, on ne devrait pas en être là, commente l’épidémiologiste Becky Smullin Dawson dans MedPage Today. « Nous avons des semaines de retard, ce qui aurait été du jamais vu dans un gouvernement pré-Trump. »
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Les coupes de Ia dernière année dans le réseau de surveillance des maladies induites par des aliments (Foodborne Diseases Active Surveillance Network), qui dépend du Centre de contrôle des maladies (CDC), une autre agence gouvernementale, pourraient en effet être en cause dans cette lenteur à effectuer un suivi des cas. Depuis juillet 2025, les régions sont uniquement tenues de rapporter les cas de salmonellose et de STEC (des bactéries pathogènes qui vivent dans l’intestin des ruminants), alors qu’auparavant, elles devaient obligatoirement rapporter les cas de six autres pathogènes —dont la cyclosporose et la listériose.
Résultat, « nous ne sommes pas capables de reconstituer ce qui cause ces éclosions et nous ne savons pas si ces éclosions sont connectées », poursuit Dawson. Même l’information circule mal entre les agences, notait le quotidien The Guardian le mois dernier, ainsi qu’entre ces agences et les médias, obligeant ces derniers à ramasser des fragments d’informations ici et là. Au point où le public a des raisons de se poser des questions sur ce qu’il est sécuritaire de manger.
Un cycle saisonnier de cyclosporose est normal: les États-Unis ont compté 717 cas en 2024, essentiellement de mai à août, et 524 en 2023. Mais cette année est, avec ses 11 000 cas, d’une ampleur jamais vue. Et les équipes locales de surveillance des aliments sont incapables d’atteindre le niveau des entrevues et des enquêtes qui serait nécessaire pour suivre l’évolution du parasite, et surtout le contenir, déplorait le 20 août l’expert en santé de l’environnement Bob Custard, sur les ondes de la radio publique NPR. C’est aussi la coordination entre les régions et les agences fédérales qui en souffre, poursuit NPR, en donnant la parole à des experts qui, depuis 18 mois, ont perdu leur emploi ou ont démissionné.
Le réchauffement climatique n’améliorera pas les choses, notait le 11 août l’infolettre Food and Water Watch. Avec des étés plus chauds et plus longs, « la fenêtre pour Cyclospora s’élargit » —tout comme des températures plus chaudes favorisent la croissance de la listériose et de la salmonellose.





