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Le concept de dépassement des limites planétaires s’est imposé dans la littérature scientifique ces dernières années : la septième des neuf limites a été franchie en 2020. Mais une fois une limite franchie, les calculs ne s’arrêtent pas là et la question devient : jusqu’où cela va-t-il se détériorer?

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« Limites planétaires » ou « zones de danger » sont deux des termes utilisés pour définir les seuils à partir duquel les transformations d’un système —atmosphérique ou océanique, entre autres— entraîneront une série de perturbations en cascade. Parmi ces limites: le taux d’extinction des espèces, les changements climatiques, l’appauvrissement de l’ozone dans la stratosphère et la concentration atmosphérique en aérosols. 

Depuis 2009 qu’existe le concept, la liste des limites à éviter de dépasser varie suivant les définitions. Mais un consensus se dégage autour de neuf d’entre elles. Or, en 2023, une étude d’un consortium de chercheurs appelé le Planetary Health Check estimait que six de ces neuf limites avaient déjà été dépassées, incluant les changements climatiques. 

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En 2025, une mise à jour concluait que la septième limite, l’acidification des océans, avait été dépassée depuis 2020. Et cette semaine, dans sa publication annuelle, le même consortium de 60 chercheurs estime que le niveau de dépassement de plusieurs de ces limites atteint des records. Par exemple, la forêt amazonienne pourrait dépasser, si la tendance se maintient, un point de non-retour (en anglais, tipping point) à partir duquel son déclin devient irréversible.

Il n'y a pas de consensus sur ce qu’est ce point de non-retour, pour aucune des neuf limites. Les sciences physiques permettent tout au plus de déduire que, passé un certain seuil, n’importe quel système qui vivait dans un état d’équilibre se dégradera de façon irréversible —et qu’il s’écoulera des siècles avant qu’il ne revienne à ce que l’humanité avait connu depuis les débuts de sa civilisation. 

Ainsi, pour la plus connue de ces « limites », celle des changements climatiques, les scientifiques utilisent la mesure de la quantité de CO2 dans l’atmosphère. Depuis la fin de l’ère glaciaire il y a 10 000 ans, cette quantité oscillait autour de 270 ou 280 parties par million. Le CO2 a commencé à s’accroître avec les débuts de la Révolution industrielle au 19e siècle, et cette croissance s’est récemment accélérée: le niveau de CO2 dépasse cette année les 425 parties par million. Notre planète est donc entrée dans une zone d’incertitude, et c’est de là qu’est venue l’insistance sur les efforts pour éviter de dépasser 2 degrés Celsius d’augmentation par rapport à l’ère pré-industrielle, voir 1 degré et demi. 

L’intensification ces dernières années des feux de forêt en Amérique du Nord et en Europe ou des inondations en Asie pourraient être des signes avant-coureurs des perturbations à venir en raison de l’état de déséquilibre que créent les dépassements de ces « zones de danger ». 

Les deux seules bonnes nouvelles dans le nouveau portrait sont l’ozone dans la stratosphère et la concentration atmosphérique en aérosols: ces deux mesures se sont améliorées au cours de la dernière décennie, résultat de réglementations plus sévères sur les polluants responsables.

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