Le manteau blanc a beau recouvrir notre belle province, les papilles gustatives de plusieurs se réveillent à l'idée des fraises de l'été. Alors, planifiez de cultiver vos plants de fraises près d’une haie vive et d’une forêt pour avoir les meilleures fraises en ville!

Anne-Marie Gagné

Avoir des haies vives1 connectées à une forêt est le must pour avoir de belles récoltes de fraises. Grâce à la présence de ces habitats pour les insectes butineurs, les agriculteurs s’assurent d’une bonne pollinisation des fleurs de fraisiers, et donc, de meilleures récoltes de ces fruits. C’est ce que démontre l’équipe de chercheurs du Département d’agrobiodiversité et d’agroécologique de l’Université de Göttingen en Allemagne.

Les résultats de ces recherches entreprises par Denise Castel, Ingo Grass et Catrin Westphal démontrent l’importance d’un habitat pour les pollinisateurs, autant d’un point de vue écologique qu’économique. En effet, la valeur marchande des fruits découle de leur qualité et de leur quantité, qui elles, dépendent directement de la présence des pollinisateurs. Ainsi, les résultats de l'étude indiquent que le cout de 1000 fraises récoltées près des haies vives connectées aux forêts est 1,5 fois plus élevé que celui des fraises isolées des habitats des pollinisateurs. 

En effet, en laissant ces forêts et haies sans entretien, on favorise le retour de la biodiversité dans les champs en plus d’augmenter la connectivité entre les habitats. Il était temps, puisque cette perte de biodiversité a lieu au fil du développement de l’agriculture intensive. La diminution des espèces et de leur nombre dans les champs serait en lien avec la fragmentation et l’absence de diversité des habitats. «[Les haies vives] peuvent améliorer la connectivité entre les habitats et les cultures adjacentes et ainsi contribuer à augmenter la quantité et la qualité des fruits», indique justement Catrin Westphal dans un communiqué de l’Université de Göttengen. De quoi réjouir les agriculteurs et les écologistes!

De plus, l'étude voulait voir s’il y a des désavantages associés à la proximité d’habitats des insectes ravageurs des fraisiers. Les résultats n’indiquaient pas de différence entre les dommages causés par les insectes ravageurs en fonction du lieu de culture des plants.

1 : Les haies vives correspondent à un ensemble de plantes arbustives non taillées, souvent aux alentours de champs.

Le labo du journalisme scientifique est un blogue tenu par les étudiants du cours de Journalisme scientifique de l'Université Laval.