Une équipe de chercheurs chinois a réussi à cloner deux macaques. Leur recherche a été publiée dans les pages de la revue Cell à la fin du mois de janvier. Leur méthode de clonage ressemblait largement à celle utilisée pour la fameuse brebis écossaise, Dolly.

C’est la première fois que cette technique fonctionnait sur des primates. Cette réussite est à prendre avec des pincettes, nuance Claude Robert, professeur du département des sciences animales de l’Université Laval et co-directeur du Centre de recherche en reproduction, développement et santé intergénérationnelle (CRDSI). « La norme c’est quand même que ça ne marche pas, sur presque 200 essais, deux seuls se sont soldés par des succès », déclare-t-il (avec un sourire en coin).

Tel que l’explique le professeur, il existe des méthodes beaucoup plus simples pour cloner des animaux. « C’est rendu assez commun de couper les embryons en deux pour faire des jumeaux naturels, mais provoqués », relate M. Robert. Cette technique permet aussi de former des clones tant au niveau de l’ADN nucléaire que de l’ADN mitochondrial.

« Si une compagnie cherche à faire des clones, je ne pense pas qu’elle choisirait cette technique », souligne M. Robert. Il voit mal comment ce type de clonage par transfert d’ADN du noyau cellulaire pourrait trouver une quelconque utilité.

Cloner des singes avec cette même méthode que Dolly demeure tout de même une belle preuve de concept. Pour M. Robert, la déprogrammation cellulaire qu’ont utilisée les chercheurs pour y arriver est toutefois nettement plus intéressante.