Une augmentation de plus de 2°C des températures causée par le réchauffement climatique pourrait diminuer la productivité forestière boréale. C’est ce que démontre une étude figurant dans le palmarès des 10 découvertes de l’année 2018 du magazine scientifique Québec Science.

Aurélie Chopard

Des études précédentes avaient démontré que le réchauffement climatique impacterait de manière positive la forêt boréale. Une augmentation de température de 1°C à 2°C allongerait la saison de croissance des arbres, leur taux de croissance, et ainsi la productivité de la forêt.

Mais dans son étude, le biologiste Loïc D'Orangeville va plus loin. Il a comparé les taux de croissance de 270 000 arbres couvrant une superficie environ égale à celle du Chili. Les cernes de croissance ont permis d’évaluer l’impact du climat des dernières années sur le taux de croissance de sept espèces d’arbre. Le chercheur a ensuite appliqué différents scénarios de réchauffement climatique à l’aide de modélisations. « Cela permet de déterminer la sensibilité de chacune des essences aux variations de la température ou des précipitations. À partir des modèles climatiques, on peut savoir si une espèce connaîtra une hausse ou une baisse de sa croissance et dans quelles proportions », explique Loïc D’Orangeville en entrevue à Québec Sciences, récemment.

Si l’augmentation de température dépasse le seuil des 2°C, les arbres vont souffrir principalement du manque d’eau en plus de la hausse des températures. Par ailleurs, certaines espèces seront plus affectées que d’autres, comme les épinettes noires et blanches, ainsi que le sapin baumier.

Des modes de gestion alternatifs pour la forêt boréale

Ces résultats pourraient changer l’approche de gestion des forêts par le Ministère de la Forêt, de la Faune, et des Parcs. Si la hausse des températures nous surprend plus vite que prévue, des solutions devront être disponibles afin de répondre rapidement à cette baisse de productivité de la forêt boréale.