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Le nombre de gens disant vivre avec un trouble mental aurait presque doublé entre 1990 et 2023. Faut-il y voir l’impact de certains phénomènes sociaux anxiogènes, l’impact de meilleurs diagnostics, ou un mélange des deux?

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Pas moins de 1,2 milliard de personnes à travers le monde rapportaient un trouble mental en 2023, selon le Global Burden of Disease 2023 (littéralement: le Fardeau mondial des maladies), une très large étude comparative de l’état des maladies physiques et mentales dans le monde, menée depuis 1993. 

Il ressort de la plus récente analyse des données, publiée le 21 mai dans The Lancet, que les troubles mentaux sont un des principaux facteurs de la progression à la hausse des maladies. Et qu’ils sont désormais à la 5e place quand on considère comme indicateur le nombre d’années en bonne santé perdues par personne (ces troubles occupaient la 12e place en 1990). Cet indicateur apparaît même chez les 15-19 ans, plus fort que dans les autres groupes d’âge. 

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Parmi les 12 troubles mentaux faisant partie de la liste, l’anxiété et la dépression ont connu les progressions les plus rapides depuis 30 ans: respectivement 158% et 131%. Si on ne considère que la période 2019-2023, l’augmentation des troubles d’anxiété est de 47%, et celle des dépressions majeures, de 24%: un facteur que les chercheurs associent à la pandémie. 

Global Burden of Disease Injuries and Risk Factors se définit comme le plus large effort de mesure de la santé à travers les continents, les sexes et les groupes d’âge, de même que son évolution dans le temps. Dirigée par l’Institut des indicateurs en santé (health metrics) de l’Université de Washington, avec l’Université du Queensland (Australie), l’étude implique des milliers de chercheurs dans le monde. 

Il est certain, ont nuancé les experts dans les médias ces derniers jours, que de parler des troubles mentaux est devenu moins tabou dans le temps et que le risque d’ostracisme a diminué dans certains pays: cela contribue donc à la hausse du nombre de cas officiellement mesurés. Mais il est également certain que des facteurs sociaux ou économiques comme la pauvreté, l’accroissement des inégalités, une mauvaise santé, l’isolement social, l’insécurité face au futur, la politique et bien sûr la pandémie, ont joué un rôle dans l’augmentation de certains des troubles, en particulier l’anxiété et la dépression. 

C’est pourquoi les chercheurs recommandent, chaque fois que possible, des gestes qui peuvent sembler banals, comme d’améliorer son alimentation, mieux dormir, créer des liens sociaux ou un meilleur équilibre travail-famille. « S’attaquer à ce défi croissant nécessitera des investissements soutenus en santé mentale, un accès accru aux soins et un effort international coordonné, pour mieux soutenir les populations les plus à risque », résume l’auteur principal, le Dr Damian Santomauro, du Centre pour la recherche en santé mentale de l’Université du Queensland.

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