Aux États-Unis, le taux de mortalité était plus élevé ces dernières années chez les républicains que chez les démocrates. Un phénomène qui n’a pas commencé avec la COVID, mais qui s’inscrit dans une tendance remontant au moins aux années 2010.
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Deux chercheurs en science politique de l’Université Stanford et de l’Université de Caroline du Nord y voient, comme d’autres avant eux, une manifestation de plus de la « polarisation politique » qui imprègne leur pays. Mais le problème semble même s’amplifier, avec pour résultat que « des divisions idéologiques croissantes dans les comportements de santé laissent les Américains conservateurs de plus en plus vulnérables à des risques sanitaires évitables ».
L’étude est parue le 14 mai dans la revue Nature Human Behaviour.
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Pendant la pandémie, les statistiques avaient effectivement révélé que le taux de mortalité à cause de la COVID était plus élevé chez les républicains que chez les démocrates —spécialement après la campagne de vaccination de 2021, parce que les non-vaccinés étaient plus nombreux chez les républicains.
Au coeur de cette évolution remontant donc aux années 2010, deux phénomènes sociologiques sont identifiés par les deux chercheurs: tout d’abord, un « réalignement démographique », qui a amené les individus moins en santé dans le camp conservateur. Ensuite, un recul de la confiance à l’égard de la médecine, là aussi plus prononcé à la droite qu’à la gauche du spectre politique. Recul qui rend ces gens « moins enclins à chercher des soins, à suivre des conseils de santé ou à croire en l’efficacité des traitements ».
Tous ces phénomènes avaient été plusieurs fois notés pendant la pandémie. Mais il se trouve qu’ils s’inscrivent dans une tendance qui avait débuté bien avant que le coronavirus ne fasse son irruption. Et rien n’indique pour l’instant un renversement de la tendance, concluent les deux auteurs: nos résultats, écrivent-ils, suggèrent que cette tendance va se poursuivre, « alors que le scepticisme pour la médecine chez les Américains de tendance de droite est en train de s’étendre à d’autres conditions » que la COVID.
Autant les médecins que les décideurs politiques ont un problème de communication sur les bras, s’ils veulent rejoindre avec succès cette partie de la population.





