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Avec ses satellites et ses logiciels de cartographie, la géomatique constituerait un secteur technologique très gourmand en énergie. « Il n’y a pas d’étude sur ce domaine », alors que l’acquisition de « données géospatiales » est « très lourde. C’est le temps de s’y attarder et d’être un peu critique, malgré les nombreux bénéfices de ces technologies », relève le professeur titulaire de sciences géomatiques à l’Université Laval, Stéphane Roche.


Ce texte est le premier d'une série de deux sur la sobriété numérique. On peut lire le 2e ici. 


 

Les outils de détection géomatiques figurent dans l’arsenal d’accompagnement de la transition socio-écologique — pour les simulations climatiques ou pour modéliser les dynamiques terrestres, par exemple. Ils sont conçus pour optimiser et fluidifier le trafic de données.

Améliorer l’efficacité et l’usage, c’est aller plus vite, être plus efficace, et avoir également plus d’utilisateurs. « Ça a un effet rebond : une sur-utilisation pas toujours utile et des impacts proches ou lointains », comme avec cette multiplication des centres de données à cause de l’IA, qui a un impact sur les réserves d‘eau locales », rappelait le chercheur, lors d’un récent colloque sur le numérique responsable au Québec, au congrès de l’Acfas.

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Ce serait la même chose avec la géolocalisation, installée par défaut dans nos appareils, et très compliquée à enlever. « Il y a des choix faits par les compagnies qui sont questionnables et pourraient relever de dispositions légales pour les activer à la demande plutôt que par défaut », note le chercheur, qui est également directeur scientifique de l’Institut en environnement, développement et société de l’Université Laval.

Soutenu par le projet Géo-sobriété du Centre interdisciplinaire de recherche en opérationnalisation du développement durable (CIRODD), son travail exploratoire porte sur l’analyse de l’empreinte environnementale d’un serveur de données géospatiales, le Géoindex.

Les différents usages et les composantes de ce serveur de métadonnées géographiques génèrent tous des émissions de GES: acquisition et liste des données disponibles, couverture géographique, restrictions d’usages, cycle de vie des composantes, etc.

« C’est clair que l’acquisition de données représente la plus lourde part de l’empreinte carbone, mais il faut aussi se demander si on a besoin d’une résolution fine sur la totalité du territoire », détaille le Pr Roche.

Les outils de télédétection, les drones et autres systèmes d’information géographique (SIG), gagneraient à adopter une approche de « géo-sobriété ». Toutefois, l’optimisation des outils risque de ne pas être suffisante pour réduire leur empreinte carbone.

« Il faut plutôt adopter le courant Just enough data - juste ce qu’il nous faut pour notre usage – sinon l’évolution de notre empreinte carbone effacera les gains que l’on aura faits d’ici 2050 avec la réduction du transport », résume le chercheur.

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