De plus en plus de nouvelles voitures sont équipées de dispositifs qui peuvent alerter le conducteur et même prendre en partie le contrôle à sa place, théoriquement dans le but d’augmenter la sécurité sur les routes. Le Détecteur de rumeurs a voulu en savoir plus sur la réelle efficacité de ces systèmes.
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Sous le nom de « technologies d’aide à la conduite », les manufacturiers automobiles ont offert, dans la dernière décennie, une plus grande variété de systèmes visant à compenser pour les erreurs et les distractions des conducteurs. En effet, plusieurs des décès sur les routes sont causés par des erreurs humaines, comme le souligne la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA), l’agence fédérale américaine chargée de la sécurité routière.
Il existe deux catégories de dispositifs d’aide à la conduite, expliquaient en 2021 des chercheurs de l’Université Carnegie Mellon à Pittsburgh.
- D’une part, les systèmes d’alerte qui informent le conducteur lorsqu’ils détectent une situation potentiellement dangereuse.
- D’autre part, certains systèmes qui agissent directement pour éviter une collision, soit en modifiant la direction du véhicule, soit en freinant.
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Or, que sait-on de l’efficacité de ces dispositifs?
Une efficacité démontrée, mais qui dépend des dispositifs
Selon la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), « il a été démontré que ces systèmes ont tendance à réduire le nombre d’accidents sur les routes. » Dans leur rapport de 2021, les scientifiques de Carnegie Mellon estimaient que les dispositifs comme l’alerte de collision avant, l’avertisseur de sortie de voie et la surveillance des angles morts, pourraient éviter plus de 40 décès par année aux États-Unis.
Par ailleurs, dans un rapport publié en 2023, le Highway Loss Data Institute (HLDI), une organisation américaine qui compile les données des compagnies d’assurance, expliquait avoir conclu, sur la base de plus de 95 études sur le sujet, que la plupart des technologies visant à prévenir les collisions étaient associées à une baisse des réclamations pour des dommages aux véhicules ou des blessures.
Toutes ces technologies n’ont toutefois pas la même efficacité pour éviter les accidents. Par exemple, celles qui interviennent automatiquement dans une situation de collision imminente semblent plus efficaces pour diminuer les dommages que celles qui ne font qu’avertir le conducteur, soulignait le HLDI.
1) Prévenir les collisions avant
Par exemple, les alertes de collision avant détectent les obstacles sur la trajectoire d’un véhicule et émettent un signal d’alerte pour avertir le conducteur. Selon des études réalisées en 2021 et en 2023, ces dispositifs réduiraient d’environ 20 % le risque d’entrer en collision avec l’arrière du véhicule qui nous précède.
Le freinage d’urgence automatique est quant à lui un système qui active les freins lorsqu’il détecte un risque de collision. En 2015, une étude avait estimé que le freinage d’urgence automatique était associé à une réduction de 38 % des collisions. De plus, lorsque cette technologie est associée aux alertes de collisions frontales, elle diminuerait de moitié les collisions, notait en 2017 une étude réalisée par l’Insurance Institute for Highway Safety (IIHS). En fait, selon une autre étude, menée en 2022 au Royaume-Uni, le freinage automatique d’urgence serait la technologie qui a le plus d’impact sur la sécurité routière.
2) Prévenir des sorties de voies
L’avertisseur de sorties de voie détecte les lignes sur la route et avertit le conducteur lorsqu’il change de voies sans actionner son clignotant. Selon les données les plus récentes citées par l’HLDI dans son rapport, ce système ne serait pas associé à une diminution des réclamations aux assureurs. Il pourrait réduire le taux de collisions frontales et latérales, mentionnait l’IIHS dans un article publié en 2025, mais les systèmes d’avertisseur de sorties de voies ne seraient pas associés à une réduction significative des sorties de route impliquant un seul véhicule, notait en 2025 un partenariat entre les constructeurs automobiles et la NHTSA.
Une des raisons qui pourraient expliquer l’efficacité moindre des avertisseurs de sortie de voie, c’est que les conducteurs trouvent ces systèmes agaçants et ont tendance à les désactiver, souligne Transports Canada. Déjà en 2018, une étude montrait que la moitié des conducteurs les désactivaient parce qu’ils les considéraient comme une source de distraction.
3) Surveillance des angles morts ou de la marche arrière
Pour ce qui est des systèmes qui permettent de détecter les véhicules dans l’angle mort du conducteur, leur efficacité serait elle aussi moindre. Un document de 2025 par l’IIHS estimait que la surveillance des angles morts réduisait les collisions lors des changements de voie de 14 %.
Par ailleurs, les capteurs d’aide au stationnement, les caméras de recul et le freinage d’urgence automatique en marche arrière aident le conducteur à éviter les objets, les piétons ou les autres véhicules lors de la marche arrière. Lorsque ces trois technologies sont présentes, elles réduisent de 78 % les collisions en marche arrière, mentionnait l’IIHS en 2025. De plus, les alertes de circulation transversale arrière diminuent de 22 % les collisions en marche arrière.
Des risques?
Il reste un dernier bémol. Même s’ils peuvent être efficaces pour éviter des collisions, tous ces systèmes d’aide à la conduite pourraient créer un faux sentiment de sécurité, souligne-t-on sur site de la SAAQ. Les conducteurs pourraient donc devenir plus imprudents. Qui plus est, ils peuvent aussi être distraits par ces systèmes.
Par ailleurs, les automobilistes ne comprennent pas toujours bien les capacités et les limites de ces technologies, peut-on lire sur le site du Government Accountability Office, une agence gouvernementale américaine. Ils peuvent alors augmenter leur risque d’accident, en particulier s’ils désactivent ces systèmes ou s’ils ne les utilisent pas de la bonne façon.
Verdict
Les dispositifs d’aide à la conduite, en particulier ceux qui peuvent agir directement lorsqu’il y a un risque de collisions, peuvent bel et bien diminuer la fréquence et la gravité des accidents. Ils ne peuvent toutefois pas se substituer au conducteur, qui doit s’assurer de demeurer attentif à la route en tout temps.




