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Les non-vaccinés ont été traités très différemment dans les médias canadiens anglais de 2023 à 2025, tout dépendant s’il s’agissait de la vaccination contre la rougeole ou contre la COVID. Alors que la quasi-totalité des articles sur la rougeole mentionnaient l’absence de vaccination comme un risque pour sa santé et celle des autres, seulement 40% de ceux sur la COVID le mentionnaient.

L’étude, parue en août et signée par trois chercheurs de l’Institut du droit de la santé de l’Université de l’Alberta, a consisté en une analyse de plus de 300 articles provenant des principaux médias nationaux du Canada anglais. Ces articles couvrent une période de deux ans, qui commence au moment où, en mai 2023, l’Organisation mondiale de la santé avait annoncé que la COVID n’avait plus le statut « d’urgence pandémique ». 

Dans la plupart des cas, notent les chercheurs, les articles sur la COVID portaient plutôt sur la politique, sur le débat autour de l’obligation (ou non) de se faire vacciner, et sur les critiques du gouvernement. Le fait que seulement 40% de ces articles aient rappelé que les non-vaccinés contre la COVID présentaient un risque pour eux et pour la santé publique, représente une « communication scientifique problématique », lit-on dans l’étude. 

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Bien que les médias canadiens anglophones « transmettent avec succès l’urgence scientifique lors de menaces de santé inédites et graves comme la rougeole, le fait de se concentrer continuellement sur le conflit socio-politique lorsqu’il s’agit de la COVID-19 » contribue à entretenir l’impression que le coronavirus constitue un débat idéologique.

Certes, une proportion significative des articles sur la rougeole abordent aussi le débat sur l’obligation ou non de se faire vacciner. Mais ils ne portent jamais exclusivement sur ce point ou sur d’autres questions politiques: ils se concentrent plutôt sur les questions de santé. De la même façon, les réflexions idéologiques sur « la liberté » (la vaccination devrait être un choix personnel, l’autonomie de son corps, etc.) « étaient presque exclusivement » du côté des articles sur la COVID. 

C’est également parmi ces derniers qu’on retrouve beaucoup plus souvent des allusions au fait que les non-vaccinés seraient présumément « attaqués »: cette critique provenait essentiellement de politiciens, incluant la première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, qui avait déclaré en octobre 2022 que les non-vaccinés « ont été le groupe le plus discriminé dont j’aie été témoin de toute ma vie ». Cette remarque lui avait valu de sévères critiques de la part de représentants des minorités raciales et autochtones.

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