« Un véhicule n’est jamais seul sur la route. Un groupe de véhicules forme une configuration dynamique capable de s’échanger de l’information pour améliorer la conduite de tous », explique Denis Gingras, chercheur au département de génie électrique et génie informatique de l’Université de Sherbrooke.
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La voiture de demain sera non seulement intelligente, mais communiquera avec son environnement pour plus de sécurité. C’est ce que vise l’ingénieur avec son nouveau projet portant sur la conception d’un système informatique autonome de collaboration entre véhicules. Un projet réalisé en collaboration avec le Laboratoire français sur les Interactions Véhicules-Infrastructure-Conducteurs (LIVIC) et AUTO21.
Les informations recueillies par les capteurs de chaque véhicule (GPS, infrarouge, etc.) voisin seront échangées et discriminées pour l’élaboration de la conduite la plus sécuritaire. Sans que le pilote ne soit sollicité!
Intelligence embarquée
Nos voitures comportent déjà des équipements intelligents comme le régulateur de vitesse adaptatif de la Lexus. Elles se garent même déjà seules chez Toyota – idéal pour les conducteurs américains qui n’arrivent pas à se stationner en parallèle! – et se doteront bientôt de systèmes anti-accidents, comme l’alerte de franchissement de ligne ou l’anticollision de Volvo.
Avec ces systèmes d’intelligence, les véhicules prennent de plus en plus le contrôle du pilotage. De là à rouler « en pilotage automatique », il ne reste qu’un pas que pourrait amener la communication collaborative.
Un pilotage que l’on retrouve dans les avions de ligne. « Nous roulons actuellement avec des dinosaures. D’ici 15 ans, nous aurons une autre génération de véhicules encore plus intelligents », pense le chercheur. Son rêve ultime ressemble à l’autoroute automatique, déjà testée en Californie (voir encadré).
Ce système, invisible aux passagers, pourra par exemple réguler la vitesse de l’auto en fonction du trafic, des obstacles et des autres véhicules.
Le seul frein au projet : le coût du système. Il devra être disponible à faible coût pour pouvoir se répandre dans un immense parc automobile. Et comme chaque voiture se compose de plus de 40 000 composants et de près de 40 microprocesseurs, il s’agit d’une mécanique très complexe à manœuvrer.
« Pour respecter la production à haut volume, il nous faut concevoir un système fiable, garantissant la sécurité des passagers, mais modique. Nous avons des contraintes un peu contradictoires », relève avec humour Denis Gingras. L’essai sur route du futur système est prévu pour 2014 à Versailles!





