La controverse entourant l’homme de Flores –au petit nom de Hobbit– n’en finit plus de faire des petits. Dernier en lice, un scientifique du Musée d’histoire naturelle de Chicago, qui proclame que cet être, loin d’être un cousin éloigné, est un Homo tout ce qu’il y a de Sapiens, mais au cerveau malade.

Toute la question est en effet là depuis le début: cet humain d’à peine 1 mètre 20 de haut, qui aurait vécu jusqu’à il y a 18 000 ans dans l’isolement de l’île de Flores (Indonésie) est-il un descendant dégénéré de l’Homo Erectus, un lointain cousin à nous dont la lignée s’est éteinte il y a plus de 100 000 ans, ou un Homo sapiens atteint d’une maladie appelé microcéphalie?

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Il y a quelques semaines, Colin Groves, de l’Université nationale d’Australie, publiait une étude concluant que le crâne de ce petit homme découvert en 2004 n’était pas celui d’une victime de microcéphalie. A présent, Robert Martin, de Chicago, affirme que les outils de pierre trouvés sur le site n’auraient tout simplement pas pu être produits par une race d’humain dotée d’un cerveau aussi petit.

Les partisans des deux théories ont donc suffisamment d’arguments sous la main pour rester campés sur leurs positions.

Ce qui manque depuis 2004, ce sont de nouveaux fossiles, ou plus exactement –parce qu’on a trouvé des ossements provenant d’au moins un autre individu– d’autres crânes. Qu’on en trouve d’autres du même "format" et les sceptiques devront admettre que la présence de plusieurs victimes de microcéphalie en un même endroit est hautement improbable. Qu’on trouve, au contraire, des crânes d’humains plus normaux, et la belle histoire d’une lignée de pré-humains oubliée sur son île disparaîtra dans les limbes des notes en bas de page.

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