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Les « invasions barbares » n’étaient pas vraiment des invasions, mais des migrations étalées sur des générations. Ce que des historiens tentent d’expliquer depuis longtemps, la génétique de la frontière nord de l’Empire romain est en train de le confirmer.

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Après la chute de l’empire en effet, des années 500 à 700, une partie de l’Europe du nord est devenue le « mélange des cultures » qui en est venu à ressembler au portrait démographique de l’Europe actuelle. Les soldats romains et leurs descendants, les fermiers locaux et les « barbares » —en fait, des familles venues de l’Est— se sont entremêlés au fil des générations. 

Une étude publiée le 29 avril dans la revue Nature s’est appuyée sur l’analyse de 258 génomes anciens prélevés sur des défunts de l’époque, dans la région de l’Empire romain située le long de la frontière —soit dans le sud de l’Allemagne d’aujourd’hui. Ils ont comparé le tout à 2500 génomes anciens et 379 modernes. Ce qui leur a permis d’observer un « changement démographique majeur » coïncidant avec la chute progressive des vieilles structures: une population européenne nouvelle qui se mêle à des « groupes provinciaux romains génétiquement diversifiés ». Cette diversité pouvant être, supposent les chercheurs, la conséquence du fait que l’armée romaine était constituée d’hommes recrutés aux quatre coins de l’Empire, et qui  pouvaient ensuite s’établir et fonder une famille très loin de leur lieu de naissance. 

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Les historiens de la fin de l’Antiquité et du début du Moyen âge n’en seront pas surpris: eux répètent depuis longtemps que l’image populaire du « barbare » déferlant sur la « civilisation » est fausse. Il s’agit de migrations de différentes populations qui se sont étalées sur des siècles. L’Empire romain s’est effondré en raison de problèmes internes, et ces populations ont, pour la plupart, profité de frontières devenues plus poreuses. Et c’est ainsi qu’aux anciennes structures politiques romaines ont lentement succédé des hiérarchies inédites, qu’il s’agisse de celles du christianisme ou de celles du royaume de France. 

Mais la génétique permet aussi d’observer des détails sur les conditions de vie plus difficiles à prouver par les historiens. Par exemple, révèle l'étude, une espérance de vie d’un peu plus de 40 ans pour les hommes; la monogamie assez répandue; et près d’un quart des enfants qui avaient perdu au moins un parent avant l’âge de 10 ans.

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