Pour la première fois, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) revoit à la baisse le bilan du sida. Il n’y aurait « que » 33,2 millions de personnes infectées —et la grande majorité est, encore et toujours, en Afrique.

Auparavant les estimations faisaient plutôt état d’une moyenne de 39,5 millions : l'écart exact se situe entre 34,1 et 47,1 millions. Les nouvelles estimations varient plutôt entre 30,6 et 36,1 millions. Selon le dernier rapport sur Programme des Nations Unies et de l’OMS sur le sida, publié le 20 novembre, cette estimation à la baisse est le résultat d’une récolte de données plus fiables et d’une nouvelle façon d’interpréter ces données épidémiologiques.

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Ceci dit, il y a longtemps que des critiques allèguent que le chiffre de 40 millions était trop élevé. C’était l’opinion, par exemple, de l’épidémiologiste James Chin, de l’École de santé publique de l’Université de Californie qui, interrogé par le service d’information de la revue Nature, n’est pas tendre envers le Programme des Nations Unies : ils se sont « peinturés dans le coin en ne portant pas assez attention aux chiffres jusqu’à maintenant, parce qu’ils en étaient satisfaits ».

Moins sévère, un autre épidémiologiste, Geoffrey Garnett, du Collège impérial de Londres, réplique : « il y a tout simplement eu une grosse amélioration dans nos estimations ».

Résumons cela en termes scientifiques : en général, une étude épidémiologique se base sur des études de population, où on prend des sujets au hasard pour leur faire passer des tests. Mais dans le cas du sida, une bonne partie des données provient d’études dites « sentinelles », où seules les femmes qui se présentent aux cliniques de grossesse sont testées. Ce dernier type de test, en dépit de toutes les précautions que prennent les statisticiens, a manifestement entraîné des estimations exagérées de la prévalence du sida dans certains pays.

« Nous avons à présent une idée plus claire de ce qui se passe avec la pandémie mondiale », poursuit Garnett, en référence aux nouveaux tableaux, qui montrent un « pic » des nouvelles infections à 3 millions par année à la fin des années 1990, contre 2,5 millions en 2007. « Nous savons mieux où intervenir, en particuulier dans le Sud de l’Afrique et chez les groupes les plus à risque en Asie. »

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