Bienvenue dans l’ère des « sweatshop » numériques, ces usines où des travailleurs travaillent dans des conditions déplorables. Sauf que ces usines, ce sont leurs maisons ou leurs appartements, et que ces conditions, ils se les sont imposées eux-mêmes : produire des billets au jour le jour, parfois à la minute même, depuis leur ordinateur ou leur téléphone. Pour nourrir « une économie Internet qui demande un flot constant de nouvelles et de commentaires », écrivait récemment le New York Times.
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Cet article du Times était tout de même, il faut bien le dire, un tantinet alarmiste. Avec son titre accrocheur, « Des auteurs bloguent jusqu’à ce qu’ils tombent », il faisait référence à deux blogueurs décédés depuis décembre, tous deux d’une attaque cardiaque : Russell Shaw, 60 ans, de North Lauderdale, Floride, « prolifique blogueur sur les technologies », et Marc Orchant, 50 ans, également spécialisé en technologies. Un troisième, Om Malik, a lui aussi subi une crise cardiaque mais y a survécu.
Bien sûr, la pression et le stress que certains s’imposent ne peuvent pas avoir que des effets bénéfiques... Certains blogueurs, nous apprend le journaliste du Times, se plaignent d’insomnies, d’épuisement... ou d’avoir pris du poids!
« Je ne suis pas encore mort », ironise Michael Arrington, fondateur d’un populaire blogue sur les nouvelles technologies (un autre!), un des rares blogues, parmi la centaine de millions de blogues recensés par Technorati, à dégager de gros revenus (assez pour payer quatre personnes). Mais ce succès ne l’empêche pas de craindre la dépression nerveuse... ou une admission à l’hôpital. La pression pour produire de plus en plus, et de plus en plus vite, 24 heures sur 24 : « ça ne peut pas durer. »
Bientôt chez un coroner près de chez vous : « cause du décès : blogue »? Faut quand même pas s’énerver, tempère le magazine Slate . Aucun coroner n’a encore écrit « cause du décès : travailleur de la construction », et pourtant...





