La vaccination : une responsabilité collective
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Faites-vous vacciner, S.V.P.! Le titre coiffait la lettre du Dr Claude Rivard, médecin et chef de service des soins intensifs au CSSS Pierre-Boucher, à Longueuil. Celle-ci a été publiée jeudi dernier dans La Presse, et ressemble à un cri du cœur.
Le spécialiste y raconte la mort d’une jeune patiente infectée par la grippe A (H1N1), au début de la pandémie. Pour lui, la vaccination est un devoir de protection pour lui-même, sa famille et ses patients. « J’entre en contact à tous les jours avec des gens malades. Pour moi, refuser la vaccination s’apparente à une faute professionnelle grave! »
La pandémie se situe aujourd’hui à un niveau incontrôlé, ajoute-t-il. Le seul moyen efficace d’y faire face reste la vaccination, selon lui. Une personne qui la refuse est libre de le faire. « Mais comme il existe un traitement, que le virus n’a pas encore muté vers une forme plus virulente, qu’on sait qu’il va y avoir des décès, le refus de la vaccination m’apparaît complètement irresponsable au plan social. »
La vaccination : une responsabilité individuelle
Il est malhonnête d’imputer la vaccination à une responsabilité individuelle, tranche le Dr Marc Zaffran, médecin généraliste, chercheur invité du Centre de recherche en éthique de l’Université de Montréal et écrivain.
« Premièrement, pourquoi faut-il être tenu individuellement responsable de se faire vacciner contre la grippe A (H1N1), jugée à ce stade-ci comme étant bénigne, et d’être exonéré de la responsabilité concernant la grippe saisonnière, qui tue 100 fois, voire 1000 fois plus de gens? »
Marc Zaffran ne nie pas la responsabilité sociale du gouvernement envers la crise. Il lui reconnaît au contraire le devoir de proposer le vaccin à l’ensemble de la population. Et surtout celui de l’informer des avantages économiques et sanitaires de le recevoir. « Mais je conteste l’idée qu’il faille vacciner tout le monde pour protéger les gens à risque, lance-t-il, alors qu’on ne le fait pas pour la grippe saisonnière, beaucoup plus virulente. »
Pour l’instant, les statistiques lui donnent raison. Le nombre de décès liés à la grippe A (H1N1) atteignait 4735 personnes le 11 octobre dernier, selon les chiffres de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Alors que la mortalité associée à la grippe saisonnière est évaluée de 250 000 à 500 000 personnes annuellement, explique Marc Zaffran.
Un seul consensus
Tous deux s’entendent par contre sur une chose : la vaccination contre le A(H1N1) est prioritaire pour les gens à risque (femmes enceintes et enfants de six ans et moins).



