L’apparition-surprise, en Corée du Sud, d’un virus qui avait pratiquement été contenu jusqu’ici au Moyen-Orient, a remis à l’ordre du jour combien peu de choses les services de santé savent du syndrome respiratoire du Moyen-Orient (MERS).

Une des raisons: le manque de transparence, à l’origine, des services de santé du Moyen-Orient, en particulier en Arabie Saoudite, où il a été observé pour la première fois en 2012. On croit qu’il provient des chauve-souris, qui le transmettent aux chameaux, qui le transmettent à l’occasion aux humains —mais c’est le «à l’occasion» qui reste la source d’une grande inquiétude, parce que le virus ne se transmet pas facilement de personne à personne. Une bonne partie des infections se sont en fait produites dans des hôpitaux qui n’étaient pas préparés à ce virus.

Dans quelles circonstances se transmet-il du chameau à l’humain et pourquoi en Afrique de l’Ouest, où le MERS circule chez des chameaux, n’a-t-il apparemment pas infecté d’humains? On l’ignore. Depuis 2012, le MERS a fait 450 morts sur près de 1200 personnes infectées, la grande majorité au Moyen-Orient, selon l’Organisation mondiale de la santé.

L’éclosion actuelle en Corée du Sud est la plus grosse hors d’Arabie, avec 7 morts pour 95 cas en date du 9 juin. Le gouvernement sud-coréen a confirmé le 6 juin qu’il s’agissait de la même souche dont le génome a été décodé au Moyen-Orient.