Les dernières années nous ont appris que nous étions tous porteurs d’une poignée de gènes néandertaliens. Voilà qu’on apprend qu’on leur doit peut-être l’asthme, des maladies de peau et... la dépression.

Ce n’est pas que l’Homo sapiens — nous — n’ait hérité que du négatif de ses relations tardives avec les Néandertaliens : les généticiens notent qu’en général, le fait qu’une « nouvelle » séquence génétique soit conservée signifie qu’elle fait plus de bien que de mal. Jusqu’ici toutefois, la plupart des séquences génétiques dites néandertaliennes n’avaient pu être associées à un trait, qu’il soit positif, négatif ou neutre. La découverte de ces « effets secondaires » peut donc surprendre.

Corinne Simonti et Tony Capra, de l’Université Vanderbilt au Tennessee, ont comparé, dans 28 000 dossiers médicaux, les séquences génétiques « homo sapiens » avec leurs équivalents « néandertaliens » pour en arriver à la conclusion que la présence de cette deuxième version augmenterait légèrement les risques de diverses pathologies, en plus de l’obésité et de la dépression. La différence est d’autant plus faible que la proportion de gènes néandertaliens en nous varie entre 2 et 4%, mais la simple possibilité d’un risque accru ouvre la porte à toute une série de questions inédites sur ces différences entre « eux » et « nous », sans parler des changements survenus dans ces gènes au fil des milliers d’années.