On a eu cette semaine plusieurs occasions de revoir l’image du citoyen anonyme bloquant une caravane de chars d’assaut, il y a 30 ans. On souligne moins souvent que cette image était le signe avant-coureur du nouvel âge numérique pour la photographie.

C’était en effet le premier « scoop » journalistique envoyé électroniquement aux médias de la planète entière.

« Les photographes envoient des images par les lignes téléphoniques » expliquait deux semaines plus tard le magazine de vulgarisation scientifique The New Scientist — c’était à ce point nouveau qu’il fallait repartir de la base pour les lecteurs. On y expliquait aussi l’incertitude quant à la manière d’utiliser cette technologie : « les journaux japonais utilisent des caméras d’images fixes, tandis que l’agence de presse américaine Associated Press préfère utiliser une nouvelle technique pour transmettre des images de films par téléphone. »

Le journaliste avait l’intuition qu’un changement de paradigme était proche : les caméras électroniques avaient un gros avantage, le temps. « Parce qu’il faut seulement quatre minutes pour envoyer une photo couleur et il n’y a pas de temps perdu à développer la photo ». Restait par-contre un gros problème : « l’entreposage » de ces photos, sur les disquettes d’alors…