Que diriez-vous de la possibilité de pouvoir planifier la naissance de votre prochain enfant pendant la période de temps où votre travail se trouvera entre Jupiter et Saturne ?

C’est le choix qu’a pu faire Linda Spilker, une scientifique qui travaillait sur la mission Voyager dans les années 1970 et 1980 : deux sondes spatiales américaines envoyées initialement vers Jupiter, mais que l’alignement des planètes allait permettre de diriger ensuite vers Saturne, Uranus et Neptune — avec un intervalle de temps de plus en plus large entre chaque planète. « J’aime dire à mes filles qu’elles sont nées quand les planètes étaient alignées », raconte-t-elle au magazine The Atlantic.

Elle n’était pas la seule, note le reportage : « d’autres avaient remarqué » cette fenêtre temporelle fort « tentante ». Mais la conciliation travail-famille n’était pas encore entrée dans les mœurs, avec pour résultat que cette mission hors du commun — quatre planètes, étalées sur plus d’une décennie — fournissait une opportunité unique en son genre. Il faudrait attendre 2003 pour que le Jet Propulsion Laboratory, cette agence de la NASA en charge des missions spatiales lointaines, ouvre une salle d’allaitement dans son propre édifice — l’année où un nombre record de femmes scientifiques travaillant sur la mission Cassini vers Saturne, allaient profiter d’une semblable opportunité.

Les planètes sont évidemment devenues une partie de la vie de famille, se rappelle l’aînée des Spilker, aujourd’hui dans la trentaine : « d’aussi loin que je me rappelle, je pouvais nommer toutes les planètes dans l’ordre ». Et sa propre fille, âgée de trois ans, peut déjà les nommer dans son livre à colorier.