Une petite île de l’archipel des Tonga, dans le Pacifique Sud, était apparue en 1995 à la suite d’une éruption volcanique sous-marine. Le mois dernier, les mêmes forces l’ont rayée de la carte… avant d’en créer une autre 120 mètres plus loin.

Elle s’appelait Lateiki, ou Metis Shoal. D’un diamètre de 280 mètres et d’une élévation maximale de 43 mètres, elle était, littéralement, un dôme de lave s’élevant au-dessus des vagues du Pacifique.  Elle faisait partie de cette poignée de terres à l’espérance de vie incertaine, que l’arrivée des avions puis des satellites ont permis d’observer pratiquement en direct. L’île était restée inhabitée. Ses deux plus proches voisines, Late et Kao, sont également d’origine volcanique, cette dernière abritant tout de même le sommet le plus élevé de l’archipel des Tonga (1030 mètres).

Le 14 octobre, des observateurs locaux ont signalé un immense panache de fumée s’élevant de l’île. Des navires, des avions et des satellites ont été détournés pour observer le panache en question, en-dessous duquel le sort de l’île était en train de se jouer. Le 1er novembre, il n’y avait plus d’île.

Ou du moins, il n’y en avait plus à cet endroit, mais il y en avait une autre, près de quatre fois plus grosse, et 120 mètres plus à l’ouest.

Le volcanisme sous-marin est particulièrement difficile à étudier et ces créations et destructions propres à « l’anneau de feu » qui gît sous les Tonga, apportent des informations précieuses aux experts sur ce qui se brasse là-dessous.  Appelé aussi arc volcanique Tonga-Kermadec, il trace une ligne nord-sud de près de 3000 km, qui marque l’endroit où la plaque tectonique du Pacifique « glisse » sous celle de l’Australie. C’est cette « bataille » de titans qui alimente en énergie les volcans de la région, dont la petite île Lateiki aura été une conséquence mineure.