Combien de doigts —ou d’orteils— le cheval a-t-il au bout de chaque patte? Les amateurs se souviennent de la bonne réponse, qui est « un seul »: son sabot. Pourtant, des biologistes viennent d’affirmer que le cheval a lui aussi cinq doigts… pendant une très brève période de temps.

Dans les premiers jours de la gestation, là où le pied se formera éventuellement, Kathryn Kavanagh et ses deux collègues ont compté cinq amas de cellules correspondant à autant de futurs orteils. Bien que cela ne dure que quelques jours, les trois biologistes y voient une indication comme quoi certaines étapes du développement de l’embryon ne peuvent pas changer, même si elles ne laissent plus tard aucune trace visible. 

« Il y a quelque chose dans les premières étapes du développement de l’orteil qui s’est stabilisé », suggère au New York Times la Dr Kavanagh, de l’Université du Massachusetts, dont l’étude est parue le 5 février dans la revue Proceedings of the Royal Society B. Si cette hypothèse devait s’avérer exacte, il faut s’attendre à bientôt découvrir que d’autres créatures possédant moins de cinq « doigts », comme les chameaux et les émeus, ont elles aussi des « vestiges » d’un groupe de cinq.

C’est la courte fenêtre de temps dont il est question ici, qui expliquerait que cette observation ait échappé aux embryologistes: il peut être difficile d’obtenir un nombre suffisant d’embryons de chevaux à différentes étapes de leur développement. Il est également possible que ces « amas de cellules » n’aient pas été examinés de près, parce que les experts partaient du fait —depuis longtemps connu grâce aux fossiles— que les ancêtres des chevaux avaient trois doigts et qu’il était donc normal de trouver quelques « vestiges » de trop dans l’embryon.