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Trois sujets, donc, cette semaine, avec l’angle qui est autant au cœur de mon site web que de mon livre : les différents niveaux d’organisation du vivant ! Je vous parlerai donc rapidement de l’ouïe qui est un sens fort utile pour percevoir un danger, des neurones de l’hippocampe qui sont affectés par le stress chronique, et la moins grande disponibilité d’un récepteur membranaire qui pourrait avoir une grande influence sur l’autisme.

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« L’ouïe, ce sens vital », est un podcast en 6 épisodes de 10 minutes, réalisé par Charlotte Roux avec Luc Arnal, chercheur en neurosciences cognitives à l’Institut de l’Audition, centre de l’Institut Pasteur. Comme le présente la page web du podcast :

« Souvent sous-estimée par rapport à la vue, l’ouïe est pourtant un sens crucial. C’est l’un des piliers de votre survie, de vos émotions, de votre santé mentale et cognitive. Comment votre cerveau s’empare-t-il de ce sens pour appréhender le monde ? »

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Chacun des six épisodes explore donc notre audition à travers des ambiances sonores conçues pour nous immerger dans des situations qui se rapprochent de la réalité. Et comme le travail de notre cerveau en est surtout un de projection ou de prédiction à partir de ce que lui fournissent les sens, cette spatialisation des sons nous donne souvent l’impression d’être véritablement au cœur de la scène sonore.

Merci à Simon, répartiteur 911 à Gatineau, qui m’a signalé le podcast et pour qui tous les détails sonores d’un appel d’urgence lui fournissent de précieux indices sur ce qui se passe.

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Car malheureusement, des événements ponctuels traumatisants peuvent nous arriver. Ou peut-être pire encore, même si on s’en méfie souvent moins, des stress quotidiens qui peuvent s’étirer sur des semaines ou des mois, voire des années. Ce stress chronique nous met dans un état « d’inhibition de l’action », comme disait Henri Laborit. Dans le sens où notre vieux cerveau calibré pour réagir à une menace physique soudaine réagit toujours en préparant l’organisme à fuir ou à lutter. Mais bien souvent, dans notre monde moderne, la violence du stress est devenue essentiellement verbale et liée à une situation professionnelle ou familiale où ni la fuite ni la lutte ne sont possibles. Et donc on « endure » en espérant que ça passe. Mais les réactions physiologiques associées au stress n’étant pas faites pour durer si longtemps, c’est là qu’elles deviennent néfastes pour le corps et le cerveau. Et parmi les structures cérébrales les plus affectées, on a identifié depuis longtemps l’hippocampe, ce vieux cortex dans le lobe temporal médian impliqué dans la mémoire spatiale et déclarative.

Le site web Better Brain que j’ai découvert récemment publie régulièrement sur sa page Facebook de superbes infographies sur différents aspects du cerveau, dont celle-ci sur les effets des glucocorticoïdes (des hormones du stress) sur les neurones de l’hippocampe (reproduite en haut de ce billet). Il s’agit d’une belle synthèse en une image d’un article publié en 2022 dans Biomedecines et intitulé : « Brain trauma, glucocorticoids and neuroinflammation: Dangerous liaisons for the hippocampus ».

On peut y voir en un coup d’œil comment la corticostérone altère le fonctionnement de l’hippocampe en stimulant ou en inhibant le fonctionnement de certains de ses neurones, résultant globalement en une activité excessive dans l’ensemble de l’hippocampe. Seule petite critique constructive : les effets excitateurs sont représentés en rouge et les effets inhibiteurs en bleu, alors qu’on est bien plus habitués par nos conventions à voir l’inverse.

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Finalement, juste un mot sur cet article publié en décembre dernier dans le American Journal of Psychiatry et intitulé : Imaging Metabotropic Glutamate Receptor 5 and Excitatory Neural Activity in Autism. Le titre du communiqué de Neuroscience News est pas mal plus explicite, voire trop, puisqu’il affirme : Missing Brain Receptor May Hold the Key to Autism. Passons donc sur l’idée même d’une « clé » unique qui pourrait rendre compte d’un domaine aussi complexe que le spectre de l’autisme. Reste que la découverte est intéressante parce qu’elle montre que les cerveaux des personnes autistes on moins d’un certain type de récepteur au glutamate, le neurotransmetteur le plus répandu dans le cerveau.Et cette disponibilité réduite de ce type de récepteur pourrait être associée à diverses caractéristiques de l’autisme. Elle est, de plus, compatible avec la théorie voulant qu’un déséquilibre entre les signaux excitateurs et inhibiteurs entre les neurones pourrait contribuer aux symptômes de l’autisme, d’où son intérêt.

Et, ajouterais-je en guise de conclusion, elle confirme encore et toujours les liens inextricables entre ce qui se passe au niveau moléculaire, cellulaire, psychologique et comportemental chez tous les animaux.

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