Je vais parler science un peu plus bas dans ce billet, ne vous inquiétez pas. De ce que les neurosciences ont de plus complexe et d’encore méconnu en plus, comme la maladie de Parkinson. Et aussi d’un cours de l’UPop Montréal qui s’en vient sur toutes sortes d’enjeux de la recherche sur le cerveau. Mais je voudrais d’abord revenir sur mon billet de la semaine dernière qui annonçait la perte de ma page Facebook du Cerveau à tous les niveaux et de ses 3000 abonné.es suite au verrouillage de mon compte. Après, donc, ma réaction à chaud de la semaine dernière, je viens de pondre une petite réflexion sur les perspectives à court, moyen et long terme suite à la fermeture de mes comptes Facebook que je vous invite à lire.
Je l’ai évidemment publiée sur la plateforme En Commun pour les raisons évoquées dans cet extrait :
« L’avenir de notre réseautage, il doit nécessairement être hors GAFAM. Non seulement pour être en accord avec nos valeurs, mais aussi parce que Fb est vraiment devenu de la grosse marde pour ce qui est du contenu politique, et que l’arbitraire de la fermeture de compte fait que tout ce qui s’y construit l’est sur un château de carte, finalement. « Jusqu’ici tout va bien », comme disait le personnage du film La haine. Jusqu’à ce que tout s’écroule d’un coup. Donc il faut pouvoir bâtir notre réseau sur du solide. Et idéalement sur du solidaire, évidemment non orienté vers le profit. Or une telle alternative existe presque, et c’est la plateforme québécoise En Commun. Je dis presque car d’ici quelques mois on pourra y suivre sur son fil d’actualité des individus exactement comme dans Fb, ce qui manquait encore sur cette plateforme conçue à l’origine pour suivre des groupes (communauté d’intérêts, de pratique, etc.). […] Je vous invite cependant dès maintenant à aller y jeter un œil et à vous y inscrire (ça prend 2 minutes et c’est évidemment gratuit). Pour ma part, je me suis créé un compte et j’en suis à me familiariser avec toutes les fonctionnalités de la plateforme […] »
À partir de cette semaine, c’est donc là que j’irai déposer une copie de mes billets de blogue hebdomadaires, dans le « carnet » du Cerveau à tous les niveaux (un peu l’équivalent d’une « page Fb » sur En Commun). Et quand vous serez sur En Commun (bientôt, n’est-ce pas ? ) vous pourrez être notifié de chaque nouveau billet dans ce carnet.
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Il y a tellement de connaissances, qui évoluent constamment plus, dans un domaine comme les neurosciences qu’on se retrouve souvent, en lisant sur une découverte, que son importance se comprend à la lumière d’une autre découverte… qu’on n’avait même pas vu passer ! C’est ce qui m’est arrivé en lisant cet article de la semaine dernière et qui explique une avancée importante sur notre compréhension de la maladie de Parkinson publié dans la revue Nature sous le titre « Parkinson’s disease as a somato-cognitive action network disorder ». Avec tout ce de dont je vous parlais au début de ce billet, je n’ai malheureusement pas le temps d’entrer dans les détails de ces travaux cette semaine.
Mais pour y aller le plus succinctement possible, disons que le punch de la découverte de l’étude de Nature, c’est que le grand réseau cérébral d’action somato-cognitif (SCAN, en anglais) — qui coordonnerait nos actions avec nos plans moteurs globaux, nos motivations et la physiologie des organes de notre corps — semble hyperactif chez les personnes souffrant de la maladie de Parkinson. Et ce qui est fort intéressant, c’est qu’une partie de ce réseau est situé dans le cortex moteur primaire (appelé M1) qui est à la surface du cerveau et ouvre la porte à des traitements non invasifs comme la stimulation magnétique transcrânienne.
Et le punch de mon ignorance, si vous voulez, c’est que je ne savais même pas que ce réseau SCAN avait été découvert il y a environ 5 ans et que l’un de ses découvreur, Nico U.F. Dosenbach, avait écrit un article en 2023 dans la revue Scientific American pour expliquer sa découverte ! En gros encore une fois, ça remet rien de moins en question que le célèbre homoncule moteur de Penfield, cette représentation du corps sur le cortex moteur primaire où chaque partie adjacente de ce M1 déclencherait les mouvements volontaires dans différentes régions adjacentes du corps. Mais surprise, il n’y a pas que ça dans M1 ! Il y a aussi des groupes de neurones qui constituent autant des « nœuds » du grand réseau SCAN, avec ses autres nœuds dont plusieurs sont en profondeur sous le cortex, dans d’autres groupes de neurones associés au mouvement. Ça n’arrête jamais, comme je vous le disais…
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J’ai déjà annoncé ici que l’UPop Montréal allait faire le lancement de sa nouvelle session lundi prochain le 16 février à 19h au théâtre l’Espace Libre (1945 Fullum, Montréal). Il y aura bien sûr les clubs de lecture de « Notre cerveau à tous les niveaux » qui vont se poursuivre, avec le prochain le jeudi le 26 février, à 19h, au Café des arts du Marché Bonsecours (390 Rue Saint-Paul E #200). Mais il y aura aussi un cours intitulé « Co-construire la neuroscience, bien au-delà du cerveau ». Si mes collègues de l’UPop m’ont permis de vous en parler avant le lancement, c’est que la première de ses quatre séances va commencer juste une semaine après le lancement (dans deux semaines !). Donc pour avoir assez de temps pour diffuser la bonne nouvelle, je vous laisse avec quelques infos sur ce cours dont j’aurai le plaisir de présenter les nombreux doctorant.es du laboratoire de Guillaume Dumas de l’hôpital Ste-Justine qui donneront les séances sous la coordination de Anne Monnier au café Les Oubliettes, 6201, rue De Saint-Vallier, à 19h.
Mardi 24 février : Traditions et mutations: peut-on croire en la neuroscience? Adrien Dubois et Guillaume Dumas
Mardi 3 mars : Quand le patient devient la boussole du chercheur Anne Monnier, Anaïs Rourre et Clara Dallaire
Mardi 10 mars : Le dialogue citoyen, une urgence pour les sciences de la conscience Joaquim Streicher
Mardi 17 mars : Parce qu’enquête scientifique rime avec performance artistique François Lespinasse et Anne Monnier





