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S’il est important de s’attaquer au CO2, il ne faudrait pas perdre de vue le méthane. Un rapport des Nations Unies à paraître en mai, tend à confirmer que les fuites de méthane liées à la production de gaz et de pétrole sont plus importantes que ce qui avait été estimé jusqu’ici.

Et déjà, les quantités de méthane émises par l’activité humaine ne sont pas négligeables: le taux présent dans l’atmosphère a atteint un nouveau record en 2020, en dépit du ralentissement économique causé par la pandémie. Tout comme le CO2, le méthane s’accumule dans l’atmosphère, bien qu’il y reste moins longtemps que le CO2 —le « taux de 2020 » est donc le résultat d’une accumulation survenue dans la dernière décennie, et l’augmentation ne montre pas, pour l’instant, de signes de ralentissement.

Les principales sources naturelles de méthane sont dans les écosystèmes humides: ils font partie du cycle normal de vie. Toutefois, même les sources naturelles pourront contribuer au réchauffement planétaire en cours: on pense au dégel des sols de l’Arctique, qui libérera une quantité inconnue de matière organique en décomposition.

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Or, les sources « humaines » de méthane se sont révélées être, ces dernières années, un problème sous-estimé, et plus généralisé que prévu. Chaque usine, chaque pipeline, chaque infrastructure liée au pétrole et au gaz, laisse échapper du méthane —des quantités qui peuvent sembler minimes mais qui, mises bout à bout, représentent l’équivalent de 0,3 degré de plus de réchauffement d’ici 2040. Selon les médias qui ont pris connaissance du rapport à paraître, sous l’égide du Programme des Nations Unies pour l’environnement, un effort concerté des gouvernements et de l’industrie pourrait en fait réduire de 40 à 45% des émissions de méthane en 10 ans. Ces quelques dixièmes de degré, évalue le document, pourraient éviter 250 000 morts prématurées et 750 000 hospitalisations pour cause d’asthme. En plus de ralentir l’inévitable augmentation des canicules, prévue dans les deux prochaines décennies.

La plupart des cibles de réduction des émissions de gaz à effet de serre —comme celles annoncées la semaine dernière par les principaux pays— se concentrent sur le plus connu des gaz à effet de serre, le CO2. Ce n’est que récemment que le méthane a quitté la niche des conversations d’experts pour être pris en compte dans les calculs des économistes et des décideurs.

Photo: Une fuite de méthane visible à l'infrarouge. Dossier du New York Times, 2019. 

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