Une dernière poussée du virus cet hiver est-elle possible? Trois éléments seront déterminants: notre immunité, les variants… et le facteur humain.

La variable de l’immunité

Quel que soit le pays, le taux de vaccination est connu: par exemple, 79,7% au Québec en date du 19 novembre contre 76,4% en France. Une donnée est toutefois inconnue: combien de gens ont eu la COVID? On a beau avoir un nombre total de cas, il recoupe en partie les vaccinés et ne nous dit donc rien de l’ensemble de ceux qui ont désormais en eux des anticorps.

Comme l’écrit la journaliste Sarah Zhang dans le magazine The Atlantic, « cette incertitude est importante parce que même un petit pourcentage peut se traduire par un grand nombre de gens » susceptibles d’être infectés, donc hospitalisés. Et parce que les non-vaccinés tendent à être des gens qui partagent des affinités, ou sont plus nombreux dans certains quartiers ou certaines régions, le risque de nouvelles éclosions est donc plus grand que s’ils étaient répartis équitablement dans la population.

C’est ce qu’on observe en ce moment dans plusieurs pays d’Europe, comme l’Allemagne où le taux de vaccination est légèrement sous les 70%. Ce pays a annoncé, jeudi dernier, des restrictions aux non-vaccinés dans leurs accès aux lieux publics.

S’ajoute à cela la possibilité que l’immunité induite par une infection ou par le vaccin décline avec le temps.

La variable du variant

En un an, rappelle Sarah Zhang, entre les variants Alpha et Delta, le virus a doublé son taux de contagion. Cette « évolution » semble avoir ralenti ces derniers mois, sans qu’on sache si on peut l’attribuer à la vaccination. Mais elle n’en demeure pas moins un risque: un variant qui, à travers les mutations que continue de subir le virus, trouverait la « recette » pour échapper à notre immunité, aurait un immense terrain de jeu à sa disposition. Il ne nous ramènerait pas à la case départ, parce que notre système immunitaire ne serait pas entièrement démuni devant ce proche cousin d’un virus qu’il connaît déjà; mais statistiquement, ça provoquerait davantage de réinfections ou de nouvelles infections.

Le facteur humain

Une partie de ce qui précède dépendra aussi de nos comportements cet hiver. « Le coronavirus ne saute pas dans des avions, ne traverse pas les frontières ou ne se rend pas à des fêtes de fin d’année, écrit Zhang. Nous le faisons. » Et c’est pourquoi le facteur humain a toujours été, en épidémiologie, la partie de l’équation la plus difficile à prédire.

Ça joue dans le bon sens comme dans le mauvais sens: si la rentrée scolaire n’a pas provoqué la nouvelle vague qu’on craignait, c’est probablement parce que nous sommes devenus plus prudents, avec nos masques et nos distanciations sociales. On a aussi observé des régions aux États-Unis qui étaient encore très réfractaires à la vaccination cet été, mais où le taux de vaccinés a augmenté au début de l’automne. Au Québec, un automne plus chaud a joué en faveur du facteur humain: les rencontres à l’extérieur étaient moins risquées. L’arrivée de l’hiver sera le véritable test.