Faut-il produire plus de pétrole et de gaz « localement » afin de remplacer ce que la Russie fournit à l’Europe et qui continue de lui apporter des revenus substantiels? L’Agence internationale de l’énergie, qui avait été fondée dans le contexte d’une crise du pétrole, en 1973, a formulé vendredi 10 recommandations qui vont dans le sens d’une réduction accélérée.

Parmi ces recommandations, les plus faciles à mettre en place permettraient de réduire la demande en pétrole de 2,7 millions de barils par jour dans les quatre prochains mois, dans les pays riches.

  • Réduire les limites de vitesse d'au moins 10 km/h sur les autoroutes. L’idée avait aussi été mise de l’avant aux États-Unis et en Europe en 1973, lorsque les pays producteurs de pétrole s’étaient coordonnés pour hausser substantiellement le prix du carburant. Cela pourrait se traduire par une économie de 430 000 barils de pétrole par jour. 
  • Travailler de la maison 3 jours par semaine là où c’est possible.
  • Abaisser les tarifs des transports en commun et ajouter aux incitatifs pour faciliter les déplacements à pied ou à vélo.
  • Encourager le co-voiturage.
  • Interdire les voitures dans certains quartiers ou dans les centres-villes le dimanche. L’idée de « journées sans voitures » remonte elle aussi à 1973, alors que la Suisse, les Pays-Bas et l’Allemagne de l’Ouest avaient introduit cette mesure. D’autres villes, comme Bruxelles et Vancouver, ont réactivé l’idée plus récemment en invoquant la santé publique et l’environnement.
  • Éviter les voyages d’affaires par avion pour de courtes distances.

Parmi les autres mesures: remplacer l’avion par le train à grande vitesse chaque fois que c’est possible —une mesure évidemment hors de portée de l’Amérique du Nord tant qu’il n’y aura pas de tels trains.

Pour chacune de ces recommandations, l’Agence internationale de l’énergie évalue l’impact, suivant que la mesure serait adoptée en tout ou en partie, ce qui lui permet d’arriver à ce total de 2,7 millions de barils (soit à peu près ce que la Russie produit en pétrole chaque jour).

À plus long terme: l’accélération de la conversion vers les voitures électriques et vers les pompes à chaleur électriques —des dispositifs permettant de récupérer la chaleur d’un circuit pour la redonner en chauffage— ainsi que l’accélération du recyclage du plastique.

Ce plan, précise le document, ne doit pas être vu comme une addition de mesures temporaires, en attendant que la crise ukrainienne se résorbe. Ça doit plutôt être un plan à long terme: « réduire l’usage de pétrole ne doit pas demeurer une mesure temporaire » et « les gouvernements ont tous les outils nécessaires à leur disposition pour réduire la demande en pétrole dans les prochaines années, ce qui soutiendrait les efforts pour renforcer la sécurité énergétique et atteindre les cibles climatiques ».