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La mère était opposée à ce que son fils de 11 ans se fasse vacciner contre la COVID. Le père insistait. L’affaire s’est rendue devant un tribunal de l’Ontario, qui a tranché en faveur du père, tout en envoyant une flèche à « l’expert » choisi par la mère.

Dans son jugement, rendu le 31 octobre, la juge Sheilagh O’Connell déclare en effet que le père, bien qu’il n’ait pas la garde de l’enfant, est mieux placé pour prendre une décision sur la question de la vaccination. Les arguments de la mère, qui s’oppose à toute forme de vaccination et qui invoque des « mutations génétiques » familiales, n’ont pas convaincu la juge. Mais celle-ci en profite aussi pour critiquer l’expert choisi par la mère, le Dr Byram Bridle.

Celui-ci s’est signalé dans l’espace public ces deux dernières années pour ses prises de position tranchées sur ce qu’il croit être des dangers des vaccins anti-COVID. Mais c’est d’abord à son expertise que s’en prend la juge: Il n’est pas médecin mais professeur au Collège vétérinaire de l’Université de Guelph, « il n’a jamais vacciné un enfant, n’a jamais traité un enfant ou un adulte souffrant d’effets secondaires d’un vaccin ni n’a jamais traité un enfant ou un adulte souffrant d’une maladie infectieuse ». En résumé, « la cour n’accepte pas que le Dr Bridle soit qualifié pour donner une opinion d’expert sur la sécurité ou l’efficacité des vaccins contre la COVID pour les enfants. »

En comparaison, l’expert choisi par le père, le Dr Abdu Sharkawy, est expert en maladies infectieuses et en pédiatrie au Réseau universitaire de santé de l’Ontario, et a travaillé dans « l’aile COVID » et l’unité des soins intensifs du Toronto Western Hospital depuis le début de la pandémie.

Autrement dit, la juge Sheilagh O’Connell rappelle un fait inhérent à l’écosystème de la recherche: un scientifique et un expert, ce n’est pas la même chose. L’expert se distingue par sa spécialisation, son travail sur le terrain ou ses recherches publiées et validées sur un sujet. Les opinions exprimées devant le tribunal par le Dr Bridle sont, conclut la juge, « si éloignées des avis généralisés et acceptés par la communauté scientifique et médicale canadienne et internationale, que cette cour ne peut pas accepter le témoignage du Dr Bridle sur le vaccin comme étant fiable ».