L’étoile la plus proche de nous, Proxima du Centaure, est à un peu plus de 4 années-lumière. En novembre, la sonde spatiale Voyager 1 aura parcouru… un jour-lumière. Ou 25,9 milliards de kilomètres.
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C’est tout de même quatre fois la distance entre le Soleil et Pluton. Et c’est l’engin spatial le plus éloigné de la Terre —son jumeau, Voyager 2, est à « seulement » 22 milliards de kilomètres.
Ces deux sondes spatiales ont été lancées en 1977, donc il y a près de 50 ans. Elles avaient pour mission initiale d’approcher les planètes Jupiter et Saturne. Profitant d’un « alignement » favorable des planètes, Voyager 2 a aussi pu approcher Uranus et Neptune dans les années 1980, et on leur doit ainsi une manne d’informations inédites sur ces quatre planètes, leurs anneaux et leurs lunes. On doit aussi à Voyager 1, en 1990, une célèbre photo appelée « pale blue dot », sur laquelle, à une distance de 6,4 milliards de kilomètres, on distingue un minuscule « point bleu pâle »: la Terre.

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Source: JPL-Caltech/NASA
Poursuivant sur leur lancée —environ 15 kilomètres à la seconde— Voyager 1 et 2 ont officiellement quitté notre système solaire dans les années 2010. Ou plus exactement, elles ont quitté « l’héliosphère », c’est-à-dire la « bulle » d’influence de notre Soleil. À l’intérieur de cette bulle, c'est la zone dominée par les particules chargées électriquement que notre Soleil éjecte en permanence (ou vent solaire). À l’extérieur, c'est la zone d’influence de tout le reste : les rayons cosmiques émanant des quatre coins de notre galaxie. Et plus les sondes Voyager continuent d’avancer, plus on en apprend sur l’héliosphère, dont les frontières et la forme semblent mouvantes, au gré des interactions entre le vent solaire et l’environnement cosmique.
Car Voyager 1 et 2 fonctionnent encore, envers et contre tout : bien que certains des instruments soient depuis longtemps tombés en panne, elles émettent toujours des données. Par intermittence, parce que les ingénieurs, sur Terre, travaillent à économiser ce qui reste d’énergie, pour faire durer quelques années encore leur générateur électrique nucléaire. Voyager 1 a même eu droit, en 2024, à une mise à jour de son logiciel —un téléchargement qui, à cette distance, a mis 22 heures pour se rendre à destination.
Même lorsqu’elles seront devenues silencieuses, elles poursuivront sur leur élan. Voyager 1 et 2 passeront à quelque 700 jours-lumière de deux étoiles de notre voisinage… respectivement dans 44 000 et 42 000 ans. Elles transportent toutes deux un message sous la forme d’un disque, contenant des sons et des images de leur planète d’origine.





