La science du 19e siècle n’a pas à être fière des efforts que certains ont fait pour tenter de prouver des théories racistes. Mais la façon dont les scientifiques se sont ensuite débarrassés de ces croyances illustre la capacité qu’a le savoir scientifique, un siècle plus tard, de s’auto-corriger.
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Pendant des décennies, des auteurs avaient en effet tenté de démontrer l’existence de « races » humaines supérieures ou inférieures aux autres —le groupe auquel appartenait ces auteurs étant bien entendu en haut de l’échelle. Ces efforts ont tourné en grande partie autour de la mesure de la taille et de la morphologie des crânes, avec la conviction de pouvoir démontrer que certains groupes avaient de plus gros cerveaux, donc étaient plus intelligents.
Or, ce que ces auteurs publiaient tenait plus souvent de l’interprétation de caractéristiques qui différaient d’un auteur à l’autre. À partir du début du 20e siècle, d’autres auteurs ont commencé à publier des études plus rigoureuses, qui désassemblaient morceau par morceau les théories des décennies précédentes. Ce fut un « point tournant » pour la science, raconte Geoffrey Galt Harpham dans un livre récent, The Ends of Race: The Rise and Fall of a Scientific Myth.
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« Discréditer » le « mythe scientifique » qu’était le concept des « races humaines » fut, écrit-il, une victoire pour la méthode scientifique et une démonstration de ce qui est, aujourd’hui encore, une des caractéristiques centrales de la méthode scientifique: apporter des données probantes; puis, les soumettre à une analyse qui pourrait être reproduite par n’importe quel autre chercheur.
Concrètement, cela veut dire que, si une opinion ne résiste pas à l’épreuve des faits, elle finit par être écartée et la société peut passer à autre chose.
Haphram, professeur de sciences humaines retraité de l’Université Tulane, en Louisiane, a écrit pendant sa carrière sur l'éthique et sur les liens à créer entre sciences sociales et sciences naturelles. Le fait que les sciences naturelles aient, au 20e siècle, rejeté le concept de race, a fourni, résume la revue Nature, une opportunité à des auteurs comme l’historien et sociologue W.E.B. Du Bois (1868-1963) pour « recadrer la race comme une identité culturelle et sociale ». Et ce, dans le contexte où, aux États-Unis, émergeaient des luttes sociales contre les inégalités et le racisme.





