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Il est connu depuis longtemps qu’une personne qui croit à une théorie du complot croit probablement à plusieurs théories du complot. Mais des chercheurs en psychologie se sont demandé comment il était possible de croire à des théories qui sont contradictoires.

L’exemple classique est celui de la princesse Diana, décédée en 1997 dans un accident de voiture. Certains théoriciens du complot peuvent tour à tour croire qu’elle a été en réalité assassinée par les services secrets britanniques… et qu’elle a en réalité simulé sa mort.  

Comment est-ce possible? Les trois auteurs de la nouvelle étude, parue cet été, sont repassés dans huit études antérieures sur ces croyances, portant en tout sur près de 9000 personnes, et ont comparé le niveau d’incohérence entre des affirmations, ainsi que le niveau de croyance (les études antérieures parlent souvent de complotistes « faibles » ou « fermes », avec une série de catégories intermédiaires entre les deux). 

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Il en ressort que plus une personne croit fermement à des théories du complot, moins elle sera susceptible de voir les incohérences. À l’inverse, une personne qui hésite à croire, a plus de chances de voir les incohérences et de défendre une théorie du complot, mais avec des hésitations.

Pour les psychologues, cela pose une question plus large. Est-ce que cette difficulté à voir ces incohérences vaut seulement pour les complots, ou si ces personnes ont un déficit de logique sur beaucoup d’autres sujets? Les chercheurs ont testé à cette fin 469 Américains adultes avec une série de 16 scénarios fictifs, et pour chacun, ont fourni deux explications, auxquelles ils ont demandé à leurs participants de donner une probabilité (par exemple, si les deux explications semblent aussi plausibles l’une que l’autre, elles devraient avoir toutes deux une note de 50%). 

Certaines des explications proposées étaient banales, d’autres complotistes, mais plusieurs étaient mutuellement exclusives —autrement dit, les deux explications ne pouvaient pas être vraies en même temps. Résultat: les participants qui avaient manifesté une pensée complotiste avant l’expérience étaient en même temps ceux qui avaient tendance à donner un haut degré de probabilité à deux explications complotistes contradictoires (par exemple, 90% de chances que chacune soit vraie), mais ne sont pas tombés dans ce piège quand les explications contradictoires étaient « non-complotistes ».

Une telle expérience a ses limites, reconnaissent les chercheurs. La difficulté de comprendre ce qu’est une probabilité peut jouer. Le fait de mettre côte à côte deux explications contradictoires introduit aussi un biais qu’on retrouve rarement dans le monde réel. Mais ils croient avoir mis le doigt sur quelque chose qui pourrait servir aux futures interventions auprès de ces gens: simplement montrer à un croyant que les deux explications sont contradictoires n’est pas la solution, parce qu’on est en face d’une « vision du monde qui récompense toute histoire contraire à la version officielle ».

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