Un père de famille s’est retrouvé récemment au centre d’une flambée de cas de rougeole en Colombie-Britannique. Il a reconnu ne pas avoir fait vacciner ses enfants. Ils sont de plus en plus nombreux à ne pas le faire par crainte, hésitation ou opposition. La solution serait-elle dans les mains des jeunes ? C’est une des questions qu’on pose à notre émission cette semaine.

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De plus en plus de jeunes s’opposent en effet à leurs parents en matière de vaccination, comme cet adolescent américain qui a décidé de se faire vacciner en dépit de l’opposition de sa mère. Il a même témoigné devant le comité du Sénat sur la santé et l'éducation des États-Unis.

Pour combattre cette méfiance des parents, le Centre de contrôle des maladies infectieuses de la Colombie-Britannique propose aux jeunes des cours en ligne, « Kids Boost Immunity » destinés aux élèves de la 4e à la 12e année.

Au Québec, le ministère de la santé cible plutôt les parents au sein des maternités – un programme provincial a été testé dans 13 maternités et il sera étendu bientôt à l’ensemble de la province.

Les raisons de la résistance à la vaccination sont toutefois multiples et ne relèvent pas juste de la méfiance des parents. Il y a aussi les fausses informations qui circulent à travers les réseaux sociaux.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a dressé en début d’année une liste de 10 menaces à notre santé. L’une d’elles est la méfiance à l’égard des vaccins. Cette réticence à se faire vacciner ou ce refus de vaccination lorsque les vaccins sont disponibles, remettrait en cause bien des progrès obtenus dans la lutte contre des maladies.

L’OMS rappelle que la vaccination permet d’éviter deux à trois millions de décès annuels. Les cas de rougeole signalés dans le monde ont augmenté de 50% avec 229 000 cas en 2018. Bien sûr, tous ne sont pas dus à la réticence à se faire vacciner: il y a aussi le manque d’accès aux services sanitaires dans bien des pays du sud… N’empêche que les experts constatent une recrudescence au sein même de pays où cette maladie était presque disparue.

Isabelle Burgun parle de méfiance à l’égard des vaccins et des campagnes de vaccination avec:

Sont-elles surprises de cette décision de l’OMS de mettre la méfiance à l’égard des vaccins dans sa liste de 10 menaces à notre santé ? Jusqu’à quel point faut-il aujourd’hui blâmer les réseaux sociaux pour la méfiance face à la vaccination ? Quels sont les arguments des parents (environ 2% au Québec) qui ne veulent pas faire vacciner ? La résurgence d’aujourd’hui pourrait-elle ressembler à la pandémie de 1989-1991, responsable de 55 000 cas aux États-Unis ? Il y a aussi un problème plus large, une méfiance face à la science et aux autorités...


Depuis 1970 et la mise en place d’un régime d’assurance santé universelle au Québec, les budgets n’ont jamais été à la hauteur de la santé publique -Laurence Monnais

Les rumeurs peuvent circuler beaucoup plus facilement et rapidement dans les réseaux sociaux, et ça peut donner aux gens la perception qu’il y a beaucoup plus de personnes qui refusent les vaccins que c’est réellement le cas. -Ève Dubé

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En chronique: notre scientifique éditorialiste est cette semaine Nathalie Skate-Doucet, infirmière clinicienne, Boursière, Chaire de recherche Politiques, connaissances et santé de l’Université de Montréal et présidente de l’Association québécoise des infirmières et infirmiers. Elle nous parle du temps supplémentaire obligatoire —un problème chronique de santé au Québec. Les infirmières doivent prendre deux fois plus de congés de maladies que la moyenne des Québécois.  

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13 h et le samedi à 11 h sur les cinq stations régionales de Radio VM. Elle est animée par Isabelle Burgun. Recherche pour cette émission : Isabelle Burgun. Vous pouvez également nous écouter sur CHOQ-FM (Toronto), CIBO-FM (Senneterre), CFOU (Trois-Rivières), CIAX (Windsor), CHOW (Amos) et Radio-Fermont.

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. La naissance de l'émission, en 2008, avait également été accompagnée d'une initiative politique non partisane du même nom : rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et sur Facebook.