La jeune femme de 28 ans ne pesait que 27 kg mais, à la surprise des médecins qui l'examinaient, elle se disait en parfaite santé. Elle était devenue végétarienne à l'âge de 16 ans, après qu’un naturopathe le lui eut recommandé comme moyen de soigner son acné. À 24 ans, elle décide d'abandonner tout aliment d'origine animale, dont les œufs, le lait et le fromage, et décide de limiter sa nourriture aux aliments dont elle est absolument certaine de l'origine « naturelle »...

À son retour d'un voyage en Inde, après que son poids eut chuté à un niveau alarmant, elle est hospitalisée d'urgence et elle reçoit un diagnostic d’orthorexia nervosa.

Le terme orthorexia nervosa a été élaboré en 1997 par le Dr Steven Bratman, un médecin du Colorado, pour décrire des individus qui souffrent d'obsession nutritionnelle. Le terme provient du grec, orthos signifiant correct et orexis voulant dire appétit. Or, contrairement aux personnes qui souffrent d’anorexia nervosa ou anorexie, un trouble de l'appétit où les patients sont obsédés par la quantité d'aliments qu'ils ingèrent, les personnes qui développent l'orthorexia nervosa, elles, sont préoccupées par la qualité des aliments.

L'orthorexique calcule et analyse en détail son alimentation dans le but de consommer uniquement une nourriture « saine ». Ce qui est particulièrement dangereux est que l'orthorexique développe ses propres règles et définitions à ce sujet, qui ne correspondent aucunement à ce que la science définit comme salubre, sain ou équilibré. La personne orthorexique se sent obligée de respecter à la lettre les critères qu’elle a établis et si jamais elle en dévie, elle développe un sentiment de culpabilité extrême. Les études semblent indiquer, comme c’est le cas pour les autres troubles de l'alimentation, que l'orthorexia nervosa est plus courante chez les femmes. Mais contrairement à l’anorexie, la maladie semble plus courante chez les adultes que chez les adolescents, ainsi que chez les personnes ayant des niveaux de vie et d’éducation élevés.

Quant au traitement de l’orthorexia nervosa, il semble que ce soient les thérapies cognitivo-comportementales qui donnent les meilleurs résultats, quoique le trouble demeure difficile à traiter. _______________________________________________________________________________________________________ LES MANCHETTES SCIENTIFIQUES d’Ariel Fenster L’Organisation pour la science et la société de l’Université McGill présente des capsules sur des sujets défrayant l’actualité scientifique. Plus de renseignements sur ces sujets, ou d’autres d’intérêt général, sont disponibles en communiquant avec Ariel Fenster.

Professeur Ariel Fenster Organisation pour la science et la société de l’Université McGill 514 398-2618