La désespérance n'a pas de prix, mais un bouchon lui en a. Un bouchon routier, s'entend. À vrai dire, aborder cette question au singulier a quelque chose d'ahurissant. Nous savons tous que ça bouchonne partout. Tous égaux, tous en pèlerinage à la gloire de l'automobile. Sérieusement, quels sont les coûts attachés à cette situation apocalyptique? Nos amis Français éclairent de leurs analyses cette question.

Un organisme français (Inrix) qui fournit des informations sur le trafic routier a étudié les temps de parcours. Il établit à 71h par an le temps perdu dans les embouteillages. Seulement dans la région parisienne, les pertes en productivité pour l'État sont établies à 2,5 milliards d'euros selon l'Inrix.

Par ailleurs, les embouteillages profitent à l'État par le biais des taxes sur les carburants. On estime que la quantité de carburant utilisé par kilomètre est de deux à quatre fois supérieure quand un automobiliste roule au ralenti. Sur la base d'une vitesse de 30 km/h dans un bouchon de 2 km sur autoroute, un usager fera du 25 litres au cent au lieu de 10 en temps normal. Soulignons au passage la généreuse contribution de monoxyde de carbone déversé dans l'environnement.

À cela s'ajoute l'usure de la voiture, les freinages fréquents, les changements de vitesse continuels, les redémarrages constants…

Le risque d'accident augmente dans les bouchons. La proximité des véhicules, l'impatience des conducteurs et leur témérité en sont les causes principales. La plupart du temps, ce ne sont que des chocs sans gravité. Cependant, ils engendrent soit des déboursés pour l'automobiliste, soit l'intervention des experts en assurances, soit les deux. Encore une fois des coûts difficiles à établir, mais bien réels.

La question demeure.

Les bouchons: une manne pour l'État, les assureurs, les garagistes ?