Le Grand Nord, une région où l’hiver et la glace règnent, abrite de nombreux animaux. Ils se sont adaptés à leur environnement nordique de façon fascinante afin de survivre dans ces conditions extrêmes.

L’Arctique vit au rythme de deux saisons : un été très court, mais florissant, alternant avec un hiver long et glacial. Pendant la saison froide, la banquise se forme sur la majorité du territoire arctique. Avec la chute des températures, la mer s’épaissit, les vagues ralentissent, des galettes de glace se forment, se compactent, se soudent pour former la banquise, qui finit par s’accrocher à la terre et épaissir au gré de la température. Elle atteint son amplitude maximale en février, permettant aux animaux arctiques comme les loups, les renards et les ours polaires d’étendre leur territoire de chasse. L’été, la hausse des températures fait tranquillement fondre la banquise, libérant la toundra et permettant son épanouissement. La saison chaude est courte : environ 60 jours qui dépassent rarement les 10°C. La fonte des neiges fournit l’eau, vitale aux mousses, lichens, graminées, plantes à fleurs, arbustes, arbres nains et tourbières. Les végétaux profitent de la chaleur pour croître et fleurir rapidement et les animaux migrateurs reviennent en Arctique pour la saison de la reproduction. Enfin, la vie renaît pendant cette courte trêve de froid.  

La vie animale varie au fil de ces deux saisons. La plupart des animaux migrent au sud pendant l’hiver et reviennent l’été. D’autres se sont adaptés à la rigueur de l’hiver arctique et ont trouvé des façons d’affronter les froids polaires et les vents violents. Le spermophile arctique hiberne, alors que les campagnols et les lemmings passent l’hiver dans leurs galeries souterraines. Les lièvres, les loups, les renards, les gloutons, l’hermine et le bœuf musqué ont une épaisse fourrure leur permettant de résister au froid. Par exemple, le pelage du bœuf musqué lui confère une excellente protection thermique. Il est constitué de deux couches de poils : le sous-poil de 5 cm est recouvert par des longs poils de 60 cm. L’air s’infiltre entre les deux couches pour augmenter l’isolation.

La morphologie des animaux arctiques est adaptée afin de minimiser les échanges thermiques et la perte de chaleur : formes compactes et extrémités courtes. Ainsi, les pattes et le museau du renard polaire sont plus courts que ceux de son cousin le renard roux. À l’inverse, le renard du désert a de grandes oreilles favorisant les échanges thermiques et l’évacuation de la chaleur. Les oreilles du lièvre arctique sont plus courtes que celles des lièvres méridionaux. On observe des pattes plus courtes chez la sterne arctique que chez la sterne pierregarin pour économiser de l’énergie, diminuer les pertes de chaleur et ainsi augmenter ses chances de survie.

renard polaire

Le camouflage est une autre stratégie qui aide les animaux arctiques à survivre; leur pelage change de couleur selon les saisons. Ils sont blancs comme la neige l’hiver et ils deviennent bruns-gris pendant l’été pour se dissimuler dans leur habitat. Les prédateurs se cachent pour mieux surprendre leurs proies et alors que celles-ci se dissimulent pour échapper aux chasseurs. Le lagopède, le renard polaire et le lièvre arctique font parties des animaux utilisant cette stratégie.

L’ours polaire, considéré comme le roi du Grand Nord, a développé de nombreuses caractéristiques pour s’adapter à son habitat. Comparativement à son cousin l’ours brun, son profil plus allongé, son cou et son crâne plus longs facilitent la nage. Ses fosses nasales plus longues favorisent le réchauffement de l’air et améliorent son odorat afin de lui permettre de déceler des phoques à des kilomètres de distance. Ses oreilles sont plus petites pour diminuer les pertes de chaleur. Une épaisse couche de graisse lui procure une protection thermique et sa fourrure touffue imperméable blanche capte les rayons de soleil pour les transformer en chaleur, tout en lui permettant de se camoufler dans la neige pour chasser. Ses coussinets plantaires rugueux lui donne une bonne adhérence sur la glace et ses griffes mesurant de 5 à 7 centimètres lui servent à la fois de crampons et de poignards. L’ours polaire est aussi un très bon nageur; ses pattes avant sont palmées jusqu’à la moitié des doigts, il peut rester sous l’eau plus d’une minute et il a grande endurance à la nage.

Ours polaire

L’Arctique est un territoire fascinant que peu ont la chance de visiter !  La nature y cache des ingéniosités impressionnantes, permettant à la vie de s’y déployer malgré les conditions extrêmes. Le Grand Nord est sans contredit un monde majestueux à découvrir et à protéger.

 

 Stéphanie Bilodeau