Exemple de représentation de l'évolution biologique

 

L'évolution de notre planète présente de multiples visages. Celle de la vie n'en est que l'un des aspects les plus diversifiés. Pour en donner d'abord un aperçu, j'ai choisi d'en tracer les grandes lignes par cette liste qui suit.

Quelques points saillants du cheminement évolutif de la Terre

L'évolution de notre planète avant l'apparition de la vie

    - De la formation de notre planète au début de l'évolution de la  chimiosphère

    - Évolution de la chimie minérale  (différenciation de compositions chimiques formant le noyau, le manteau et la croûte) 

    - Formation d'une atmosphère primitive

    - Apparition d'une hydrosphère

La complexification de l'évolution tracée par le vivant

    - La vie avant la sexualité

    - Un renouveau pour l'atmosphère en lien avec la vie

    - La sexualité et l'arbre du vivant

    - De l'évolution des espèces à celle des écosystèmes

    - La modification du relief par les organismes

L'arrivée de l'espèce humaine : de nouvelles voies évolutives       

    - L'agriculture et l'élevage : une sélection des espèces accélérée

    - Une nouvelle branche de l'évolution chimique de notre planète avec la métallurgie

    - Le déboisement : une brusque altération des écosystèmes

    - L'urbanisation : notre planète se dote d'un relief architectural

    - Remaniement chimique dans l'hydrosphère et l'atmosphère

    - Quand la radioactivité n'est plus seulement naturelle

    - Le génie génétique : vers une modification encore plus rapide des espèces

Il n'est évidemment pas question, dans le cadre de cet article, de détailler tous ces points. Cette liste nous amène à penser que l'ensemble de l'évolution sur notre planète s'est produite par étapes et que celles-ci sont survenues par paliers. Doit-on parler d'évolutions au pluriel ou à tout le moins d'en distinguer séparément de grandes catégories : l'évolution chimique, l'évolution biologique, l'évolution technologique de l'espèce humaine? En fait ces trois catégories sont imbriquées les unes dans les autres à différentes échelles de temps. Entre autres, l'évolution climatique ayant dû jouer, très tôt, un rôle clé dans cette imbrication.  Pourtant ce cheminent évolutif nous semble être ponctué de phénomènes émergents : la vie, les espèces, l'intelligence... Nous suggérant ainsi une série de discontinuités propres à délimiter clairement ces grandes catégories.

Pour autant, il n'existe pas de définition univoque et universellement acceptée de ce qu'est la vie1 par exemple tant et si bien que les auteurs d'une étude en viennent à la conclusion que « ...la logique floue est probablement l'outil méthodologique le plus apte à traiter les questions relatives à "l'origine de la vie"1. »

La définition universelle du vivant n'est peut-être pas la seule à poser problème dans ce domaine. En dépit de toutes les avancées technologiques dont bénéficient nos techniques, il n'est pas certain que nous puissions clairement séparer les espèces les unes des autres et cela, même avec des travaux réalisés à l'échelle moléculaire. En témoignent ces deux études publiées en 2013 et 2014. La première conclut qu'à l'issue de l'étude du génome de divers organismes, les organismes dont la taille est inférieure à 1 mm ne se répartissent pas en espèces mais exhibent plutôt une sorte de continuum sur le plan génétique2. La seconde conteste cette étude et affirme avoir relevé des erreurs qui n'ont pas été entièrement corrigées. Leurs auteurs concluent qu'une fois ces erreurs corrigées, les «...petits organismes présentent des signaux de formation d'espèces similaires à ceux des espèces plus grandes3. »

Sachant que l'évolution de notre planète elle-même est issue de l'évolution de l'univers, on pourrait imaginer tracer un arbre évolutif de l'évolution des galaxies et de leurs systèmes planétaires tenant compte du fait que tout le contenu de notre univers est issu de la même énergie condensée en-deçà de l'échelle de Planck. Cette représentation aurait sans doute plus la forme d'un buisson que d'un arbre. D'ailleurs l'image de l'arbre ne rend pas compte de toute la complexité des liens évolutifs entre les organismes : si l'on tient compte des transferts de gènes horizontaux, cet arbre prend la forme d'un réseau. Qui plus est, à l'échelle du vivant, ce ne sont pas seulement les espèces qui évoluent mais les écosystèmes aussi.

Avec la vie ayant surgi sur notre planète, on conçoit alors que l'évolution s'est ramifiée. À l'autre bout de cette ramification, on trouve l'évolution des idées dans les cerveaux des sociétés humaines. À chaque étape de cette progression, l'évolution se complexifie avec des boucles de rétroaction de plus en plus nombreuses. En d'autres termes, l'évolution elle-même évolue. Dès lors, on est en droit de s'interroger sur le fait qu'elle pourrait continuer d'évoluer. Ce simple constat laisse songeur quant à la possibilité que surgissent sur notre planète, ou ailleurs dans l'univers, de nouvelles modalités évolutives qu'il ne nous est pas possible d'imaginer aujourd'hui.