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C’est depuis maintenant 21 mois que les émissions de gaz à effet de serre de la Chine ont cessé d’augmenter, et ont peut-être très légèrement diminué. Un succès qui cache un paradoxe.

Certes, les écarts sont minimes: les émissions de CO2 auraient possiblement reculé de 1% pendant le dernier trimestre de 2025, et de 0,3% pendant toute l’année. Le record d’émissions de mai 2024 n’aurait donc jamais été battu, selon la dernière mise à jour de l’organisme finlandais CREA (Centre for Research on Energy and Clean Air), publiée par le magazine Carbon Brief

Mais le fait que la question reste en l’air depuis près de deux ans témoigne au moins que les investissements massifs du gouvernement chinois dans les énergies renouvelables ont eu un impact. 

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Émissions de CO2 de la Chine, 2017-2026

Émissions de CO2 de la Chine en millions de tonnes, 2017-2026. Source: Carbon Brief

 

Là où il y a toutefois un paradoxe, c’est que cette croissance rapide des énergies renouvelables explique aussi pourquoi les émissions de gaz à effet de serre ont stagné plutôt que diminué : la croissance des capacités de production d’électricité par les éoliennes et le solaire est plus rapide que la capacité des réseaux électriques. Autrement dit, les éoliennes et les panneaux solaires pourraient contribuer davantage à la production d’électricité, mais le réseau est par moments saturé.  

C’est dans six des sept grands secteurs que les émissions ont chuté en 2025, des matériaux de construction (7%) aux transports (3%) et à la production d’électricité (1,5%). L’exception: l’industrie chimique, où les émissions ont augmenté de 12%. 

La suite des événements, soit la vitesse à laquelle le recul des émissions va s’accélérer —si il doit s’accélérer— va donc dépendre des améliorations au réseau électrique. Mais aussi de la vitesse à laquelle les centrales au charbon, encore nombreuses en Chine, vont devenir inutiles. L’augmentation des émissions de l’industrie chimique provient d’ailleurs en partie d’une augmentation de l’utilisation des centrales au charbon. 

La marche est d’ailleurs haute. Si la première cible officiellement fixée par le gouvernement chinois semble presque atteinte —avoir dépassé le pic des émissions de CO2 d’ici 2030— beaucoup reste à faire pour atteindre la suivante —la carboneutralité en 2060— tant que la croissance économique dépendra autant du charbon et du gaz. 

En attendant toutefois, les experts spéculent surtout sur une cible moins connue, mais plus immédiate: l’intensité carbone. Ce concept désigne les émissions de gaz à effet de serre par unité du produit national brut. C’est donc une façon de mesurer si un pays est capable de réduire ses émissions, même s’il est encore sur une trajectoire de croissance économique (plusieurs pays y sont déjà arrivés). Pour l’instant, l’intensité carbone de la Chine a diminué de 12% entre 2020 et 2025, alors que la cible officielle était de 18%. Il est possible, note Carbon Brief, qu’on en sache plus en mars prochain, date de la publication du prochain plan quinquennal, sur la volonté du gouvernement de continuer à se conformer à cette cible. 

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