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La pandémie pourrait avoir eu un impact… sur les hausses de méthane. Par une combinaison inattendue d’une réduction d’un polluant et d’une réduction de la capacité de l’atmosphère à se nettoyer elle-même.

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Explication. En 2020, parce qu’une bonne partie des pays se sont mis sur pause, les émissions polluantes ont diminué. Entre autres, le monoxyde d’azote, produit par les automobiles et les industries. Or, de plus faibles niveaux de monoxyde d’azote (NO) dans l’air ont réduit du même coup la capacité de l’atmosphère à se débarrasser de gaz comme le méthane —un puissant gaz à effet de serre. 

Bien que le méthane ne reste dans l’air qu’une douzaine d’années, contre des siècles pour le CO2, il a un pouvoir de réchauffement environ 30 fois plus important que le CO2 en raison de sa plus grande capacité à piéger la chaleur. C’est ce qui rend inquiétante son augmentation persistante dans l’atmosphère au cours des dernières décennies. 

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Sauf qu’en 2020 et 2021, les mesures avaient révélé un pic qui n’avait pas pu être expliqué. Dans une recherche publiée le 5 février dans la revue Science, une quarantaine de chercheurs de plusieurs pays pointent le rôle imprévu du monoxyde d’azote (NO). 

Le NO est la molécule qui contribue à « l’auto-nettoyage » de l’atmosphère, commentent les professeurs en sciences de la Terre Euan Nisbet et Martin Manning, dans une analyse accompagnant la publication de la recherche. Cette molécule « oxydise » d’autres molécules, en leur ajoutant un atome d’oxygène —transformant le monoxyde de carbone (CO) en dioxyde de carbone (CO2, soit deux atomes d’oxygène) ou transformant le méthane en CO2.

Par conséquent, moins de NO dans l’air en 2020 a eu pour conséquence que davantage de méthane est resté dans l’air, plutôt que d’être naturellement transformé. 

D’autres équipes de recherche convergeaient vers cette hypothèse, notamment une équipe britannique en 2022, dans la revue de l’Union géophysique européenne. La nouvelle recherche a pu s’appuyer sur une combinaison de données satellites et terrestres, mais aussi sur des modèles informatiques développés au sein de l’unité climatique de l’Agence spatiale européenne, dans le but de tester différents scénarios de la période 2020-2023. 

Il ne faudrait pas en conclure, ajoutent Nisbet et Manning, qu’un maintien de l’usage des carburants fossiles soit la solution pour limiter la hausse de méthane dans l’atmosphère. Le fait que le CO2 reste bloqué là-haut pendant des siècles, est un plus gros problème. 

D’autant plus que le méthane continue de croître de toutes façons, en partie à cause des activités industrielles et en partie à cause de l’élevage. Si le pic de 2020 était en partie attribuable au confinement, l’étude estime que 20% était tout de même le résultat de la continuation des émissions pré-pandémiques. Elles ont fini par se stabiliser en 2023 à un niveau « normal », ou du moins à revenir au rythme d’augmentation auquel on s’attendait, compte tenu du niveau actuel des activités humaines.

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