Dans mon article précédent, l'idée est proposée de considérer deux composantes pour la gravité, l'une quantique et l'autre classique. J'ai présenté dans cet article une théorie qui bénéficie d'un regain d'intérêt et qui pourrait éventuellement offrir un cadre théorique pour accommoder ces deux types de composantes.
Ceci dit, il serait bon de pouvoir délimiter le domaine d'application de chacune d'elles. On imagine difficilement, par exemple un champ de gravitons être responsable de l'attraction gravitationnelle entre la Voie lactée et la galaxie d'Andromède ou entre leurs galaxies satellites, bien qu'aucune raison théorique a priori ne semble exclure cette possibilité.
Un fil conducteur peut nous aider en ce qui concerne cette composante quantique. Ce fil conducteur, c'est le boson de Higgs. Le boson de Higgs est la dernière particule élémentaire du modèle standard à avoir été découverte. Son existence a été postulée en 1964 indépendamment par Peter Higgs, François Englert et Robert Brout. Il a par contre fallu attendre 2012 pour qu'elle soit confirmée de manière expérimentale grâce à l'utilisation du grand collisionneur de hadrons (LHC) du CERN. À cette particule est rattaché le champ de Higgs. L'interaction des fermions avec ce champ leur procure une masse. Sans ce mécanisme de Higgs, les particules de la matière ordinaire seraient sans masse. On pense habituellement dans ce cas-ci à la masse inertielle des particules. Toutefois l'une des règles de la physique classique stipule que la masse inertielle doit être rigoureusement identique à la masse gravitationnelle. C'est même le socle sur lequel repose le principe d'équivalence de la relativité. Cela étant dit, si le champ de Higgs est responsable de la masse inertielle des particules, il doit être par conséquent responsable aussi de la masse gravitationnelle de ces mêmes particules. En d'autres mots, ce champ de Higgs doit être impliqué d'une quelconque façon dans la manifestation de l'interaction gravitationnelle entre ces particules. On aurait ici, de ce fait, l'indice le plus probant de l'existence de cette composante quantique pour la gravité.
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Fait à signaler, ce même champ de Higgs n'est pas à l'origine de l'essentiel de la masse des noyaux atomiques, dont l'essentiel provient de l'énergie de liaison entre les quarks et non des quarks eux-mêmes. Ce qui limite l'applicabilité de son action à l'échelle des particules. D'ailleurs, étant sans masse, les photons et le rayonnement électromagnétique ne sont pas concernés non plus par le champ de Higgs alors qu'ils subissent les effets d'un champ gravitationnel. Il doit donc s'en suivre dans ce cas-ci que la gravité doit faire appel à un autre phénomène, si bien qu'on se retrouve à considérer une composante quantique, d'une part, pour sa manifestation et, d'autre part, au continuum spatio-temporel de l'espace-temps, la composante classique de la gravité. Si la nécessité de ces deux types de composantes s'impose, resterait à savoir dans quelle mesure il faudrait avoir recours à deux types d'espace distincts comme mentionné dans mon article précédent : l'espace rattaché au vide quantique et l'espace-temps de la relativité générale.




