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Quelles conséquences aurait un « super El Niño » s’il commençait plus tard cette année? Au-delà des records de température dans certaines régions et des précipitations accrues ailleurs, une conséquence mesurable pourrait être dans nos supermarchés.

La probabilité d’un retour cette année du phénomène El Niño —phénomène météorologique qui réapparaît à des intervalles irréguliers— ne semble plus faire de doute. La probabilité qu’il soit dans la catégorie des « forts » ou des « très forts » est à présent de 65% pour une période allant d’octobre 2026 à février 2027, selon la plus récente estimation, le 14 mai, de l’agence américaine des océans et de l’atmosphère (NOAA). Le réchauffement des eaux du Pacifique commencerait en juin, et le phénomène s’intensifierait progressivement au cours de l’été et de l’automne. La prochaine estimation est attendue le 11 juin. 

On entre dans la catégorie d’un phénomène « fort » lorsque la température moyenne dépasse le seuil du 1,5 degré au-dessus de la normale. Selon la plus récente prévision du Centre européen pour les prévisions météorologiques à moyen terme (ECMWF), la possibilité d’atteindre les 2,5 degrés cet automne est même de 50%, ce qui le rapprocherait du record de 2,7 degrés remontant à 1877.

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Dans l’ouest de l’Amérique du nord, des conditions plus chaudes et plus sèches se traduisent par davantage de feux de forêt. Mais l’agriculture en souffre aussi et, avec elle, les chaînes d’approvisionnement dans les supermarchés. Les impacts sont aussi durement ressentis sur le secteur des pêches, rappelle le magazine Live Science

Or, près d’un siècle et demi de données météorologiques permettent de voir que les années des El Niño les plus puissants se sont traduites par des pénuries alimentaires, voire par des famines. Et plus largement, par de grosses pertes économiques: rien qu’aux États-Unis, une étude parue en 1999 dans le Bulletin de la Société météorologique américaine estimait à 4 milliards$ les pertes attribuables au El Niño « très fort » de 1997-98. À travers le monde, les estimations varient entre 32 et 96 milliards$. 

De plus, un déclin des réserves alimentaires en 2027 arriverait dans la foulée des pénuries auxquelles on s’attend cet automne à cause de la guerre en Iran. « Nous avons déjà davantage de gens vivant dans la pauvreté », expliquait à la BBC, le 14 mai, l’experte en risque et résilience climatiques Liz Stephens, de l’Université de Reading, « et si vous ajoutez une réduction des rendements agricoles à cause de sécheresses ou d’inondations, ça fait monter les prix encore plus haut ».

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