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L’un s’appelle hantavirus, mais ne se comporte pas comme les hantavirus habituels. L’autre s’appelle Ebola, mais ne se comporte pas comme les Ebola habituels. La génétique confirme pourtant qu’ils sont bel et bien des cousins de ces virus. Mais sont-ils si différents qu’il faudrait leur donner un nouveau nom ?

C'est une question de définitions, allègue le virologue, ou spécialiste des virus, Jens Kuhn, qui siège sur le Comité international de taxonomie des virus. La taxonomie est ce qui consiste à nommer et classifier en vertu de critères bien identifiés: le renard est un mammifère, mais la baleine aussi; la carotte est un légume, mais pas la tomate.

Or, dans le cas des éclosions d’hantavirus —sur le navire de croisière MV Hondius— et d’Ebola —en République démocratique du Congo— toutes deux identifiées en mai, la taxonomie est devant un choix épineux: « est-ce la même chose, ou est-ce différent? Si c’est différent, les choses que nous savons à propos des autres ne fonctionneront pas », explique Kuhn dans un reportage récent du New York Times.

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Par exemple, Ebola. En 1976, deux éclosions d’une maladie jusque-là inconnue, survenues l’une dans ce qui s’appelait alors le Zaïre, l’autre au Soudan, soit à plus de 2000 kilomètres de distance, révélèrent la présence, dans le sang des victimes, d’un nouveau virus, ressemblant à un serpent microscopique. Il fut appelé Ebola.

L’analyse génétique révélerait par contre des différences suffisantes pour que la taxonomie les désigne comme deux espèces distinctes: Orthoebolavirus zairense et Orthoebolavirus sudanense. En 2007, on identifiait une troisième espèce, Bundibugyo, ou Orthoebolavirus bundibugyoense, qui est celle dont tout le monde parle en ce moment. Les médicaments développés contre les deux autres ne fonctionnent pas.  

Phénomène similaire avec le dernier hantavirus. Depuis 1978, on a identifié 38 espèces de cette famille de virus, chacune très diversifiée génétiquement. L’une des 38 s’appelle Orthohantavirus andesense, elle est causée par des rongeurs en Amérique du sud et elle se subdivise en quatre souches: une seule des quatre peut se transmettre entre humains —c’est celle dont tout le monde parle en ce moment. On ignore pour l’instant ce que sont les mutations qui l’ont permis, mais les virologues s’attendent désormais à ce que les recherches que cela vient de déclencher en Argentine et au Chili permettront de découvrir d’autres souches mutantes. Ce qui reposera à nouveau la question: s’agit-il de simples mutations ou d’une espèce distincte?

De la même façon, insiste Kuhn, « d’autres virus de type Ebola encore à découvrir » sont peut-être « cachés dans des animaux africains ».

La question n’est donc pas importante que pour la classification. Qui dit espèce distincte de virus dit recherche de traitements distincts contre ce virus. S'il s'agit d'une espèce aux caractéristiques qui restent encore à identifier, ça concerne les humains en général. « Du moment que vous mélangez virus Bundibugyo et virus Ebola, l’impression va être ‘Oh, nous avons quelque chose contre ça’. »

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