Je ne suis rattaché à aucune institution scolaire, mais l’arrivée du mois de juin marque tout de même pour moi pas mal la fin de mes activités de conférencier pour la pause estivale. À part une petite dernière la semaine prochaine, ma présentation de deux heures à Québec samedi dernier qui suivait de quelques jours la dernière du club de lecture de mon livre mardi dernier marque ce moment de l’année où je peux lever le pied et profiter du retour des beaux jours (ce qui a été plutôt long cette année…). Je ne me lancerai donc dans rien de trop compliqué cette semaine, seulement vous dire que cette dernière conférence de samedi est pas mal le résumé le plus à jour de ce que je peux faire à partir de mon livre et de l’influence de toutes les rétroactions que j’ai eues au cours des derniers mois. Comme je dois faire aussi un peu de ménage dans le document où je note des articles potentiellement intéressants pour ce blogue, je vais vous en sortir trois qui ont des liens entre eux, mais sans chercher à les détailler. Seulement vous faire part de ce qu’ils évoquent en moi, en vous donnant les références si ça vous tente de vous y plonger. Trois évocations, ça vaut bien une vulgarisation plus complète, non ?
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« Une seule dose de psilocybine altère le cerveau ». C’est ce que titrait le journal La Presse pour parler de cette étude récente publiée le 5 mai dernier dans Nature Communication sous le titre Human brain changes after first psilocybin use. L’utilisation du mot « altère » dans le titre de La Presse m’a un peu fait tiquer parce que c’est typique des grands médias de contrôler les titres pour faire mal paraître les substances psychoactives, englués qu’ils sont encore dans une vieille logique prohibitionniste qui ne prévient pas les méfaits mais contribue plutôt à les entretenir. Pas que je sois non plus le plus grand promoteur de l’introduction de n’importe quelles molécules dans cet équilibre fragile de nos réseaux cérébraux et de leurs 86 milliards de neurones. Mais pour ce qui est de la psilocybine, ce n’est pas d’hier qu’on l’étudie (elle a même inspiré une théorie sur la conscience), et il y a un intérêt croissant pour son usage supervisé pour améliorer l’état psychique de bien des gens. D’ailleurs l’article lui-même le mentionne en citant le psychiatre Nicolas Garel :
« On pense que ces expériences-là […] qui entraînent des états altérés de conscience pourraient amener à une façon de réfléchir différente, une perception différente des choses, puis cette augmentation-là de la flexibilité psychologique pourrait entraîner des effets thérapeutiques sur les symptômes dépressifs ou anxieux. »
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Si cette étude a été faite avec un nombre relativement restreint de patient (28), pour sa part « L’IA de Mila propulse la plus grande étude au monde sur les psychédéliques »
Je vous cite simplement ce passage au début du communiqué publié le 7 avril dernier par le Mila (Montreal Institute for Learning Algorithms ) fondé en 1993 par Yoshua Bengio :
« Notre équipe internationale a utilisé l’IA pour analyser les données de plus de 500 examens d’imagerie cérébrale (10 fois plus que les recherches précédentes) dans le cadre de la plus grande étude au monde sur les effets des psychédéliques sur la fonction cérébrale chez l’humain.
Dans notre article, publié dans la revue Nature Medicine, nous avons découvert que la psilocybine, le LSD, la mescaline, la DMT et l’ayahuasca agissent de manière similaire: ils aplanissent les hiérarchies fonctionnelles et permettent à des zones isolées du cerveau de communiquer. »
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L’étude précédente est un des nombreux exemples de l’utilité de l’intelligence artificielle en science (un autre en serait les succès obtenus pour le “problème du repliement des protéines »). Par ailleurs, on ne compte plus les arguments pour également s’en méfier. Et le dernier article dont je voulais vous mentionner l’existence est un billet de blogue écrit par… Claude, l’IA générative bien connue ! En fait c’est le chercheur à la retraite Deric Bownds qui lui a demandé de faire une synthèse du livre « What is Intelligence » de Blaise Agüera y Arcas.
La prétention unificatrice de l’ouvrage semble considérable, et l’espèce de réduction de la vie à son essence computationnelle m’a rendu un peu perplexe. Sans compter qu’on semble laisser entendre que le « libre arbitre » (dont on reconnaît d’emblée l’existence…) et un autre petit truc, la conscience, s’expliqueraient aisément ainsi ! Mais parallèlement il semble aussi y avoir une adhésion à la fascinante thèse de la continuité de la vie et de la cognition, mais ici appelée intelligence.
Comme je l’ai dit en début de billet, je ne commenterai pas davantage ce résumé rédigé justement dans le plus pur style clair mais drabe de cette même IA qui peut nous faire autant sauver du temps que tout moyenner, même les pires préjugés…




